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L'Amazonie continue de brûler, malgré la mobilisation l'an passé

Greenpeace incombe cette détérioration de la situation aux effets conjugués de la sécheresse, de la déforestation, et de l'inaction du gouvernement brésilien.

Les images de l’Amazonie dévorées par les flammes ont marqué les esprits à l’été 2019. Cette année, l’histoire se répète et semble même s’enliser. D’après un rapport de Greenpeace publié jeudi, les "points chauds" repérés dans la région ont augmenté de 17% : plus de 10.000 ont été recensés au cours des dix premiers jours du mois d’août, contre 8669 l’année dernière à la même période.

"Nous nous attendons à une période d’incendies catastrophiques", alerte le docteur Ane Alencar, directrice scientifique de l'Institut de recherche environnemental de l'Amazonie.

Certes, ces feux de forêts ne sont pas exceptionnels en cette saison - ils démarrent chaque année fin juillet et s'intensifient en août - mais ils se développent rarement avec autant de violence. En effet, la région n’avait pas été en proie à de tels incendies depuis 2010: cette année-là, 11.280 départs de feu avaient été recensés au début du mois d’août.

Greenpeace incombe cette détérioration aux effets conjugués de la sécheresse, de la déforestation, et de l'inaction du gouvernement brésilien. Si le président Jair Bolsonaro a interdit de brûler les chaumes - la partie de la tige des céréales qui reste sur pied après la moisson - "seuls 5%" des exploitants qui ont eu recours a cette technique ont été sanctionnés, souligne l'organisation non-gouvernementale qui dénonce une mesure illusoire.

Danger environnemental et sanitaire

À l'échelle mondiale, l'Amazonie joue un rôle fondamental dans l'absorbtion du dioxyde de carbone de l'atmosphère. Mais la déforestation et les incendies l'empêchent de remplir cette fonction essentielle ce qui pourrait accéler, à terme, la dégradation des conditions climatiques.

Cette année, les incendies font craindre le pire aux experts scientifiques qui redoutent une crise environnementale inédite dans les prochains mois. Ils soulignent également les risques encourus par l’Homme: la fumée toxique générée par les feux de forêt se déplace sur un large périmètre. En 2019, les incendies avaient été si intenses que la ville de Sao Paulo avait été plongée dans le noir pendant une journée, étouffée par les nuages de fumée noire.

Ambre Lepoivre Journaliste BFMTV