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L'Allemagne envisage d'intégrer l'islam dans l'impôt religieux

Une mosquée à Berlin

Une mosquée à Berlin - Image Flickr

Pour lutter contre les financements étrangers, l'Allemagne souhaite élargir l'impôt religieux à l'islam. Pour des raisons historiques, cet impôt en place depuis 1933, est payé par les membres des communautés catholiques, protestantes et juives mais ne s'applique pas aux 3 millions et demi de musulmans vivant en Allemagne.

En 1905, la France supprimait définitivement l’impôt religieux, autrefois connu sous le nom de dîme. Outre-Rhin, cet impôt est plus que jamais d’actualité. Pour lutter contre les influences étrangères, l’Allemagne envisage d’étendre cet impôt, jusqu’ici réservé aux catholiques, aux protestants et aux juifs, pour des raisons historiques, à l’Islam,

L’idée d’une taxe mosquée est soutenue par la totalité des partis politiques du pays, hormis l’AFD, un parti classé à l’extrême droite qui ne veut pas mettre l'islam sur un pied d'égalité avec les religions chrétiennes, comme le rapporte Le Figaro. L’Allemagne entend notamment ainsi lutter contre le financement de mosquées par des pays étrangers, un débat récurrent ces derniers temps.

En novembre dernier, le ministre de l’Intérieur Horst Seehofer affirmait vouloir "limiter les influences étrangères dans le clergé musulman allemand", rappelle le quotidien. Fin septembre, c’est la maire de Cologne qui avait boycotté l’inauguration de la nouvelle mosquée de la ville, protestant contre son financement jugé opaque.

8 à 9% de l'impôt sur le revenu

Mais l’élargissement de l’impôt aux 3 millions et demi de musulmans d'Allemagne apparaît compliqué. Pour certains théologiens, cet impôt semble impossible à mettre en place en raison de la cohabitation difficile entre les différents courants de l'islam présents en Allemagne.

De plus, les musulmans, via le troisième pilier de l'islam, le zakat, ou l'aumône aux plus nécessiteux, sont déjà soumis d'une certaine manière à l'impôt religieux, estiment plusieurs théologiens. "Le gouvernement est censé être neutre au nom de la séparation entre l’Église et l’État mais souhaite exercer une sorte de contrôle", pointe au Figaro l’islamologue allemande Lamya Kaddor.

Établi en 1933, le 'kirchensteuer' est un impôt régional déterminé par les Länder allemands et représente 9% de l’impôt sur le revenu, sauf en Bavière et dans le Bade-Wurtemberg où il est de 8%, soit entre 0,2 et 1,5% du revenu total environ. Son application est stricte. Toute personne se déclarant athée pour s'y soustraire ne peut plus recevoir de sacrements à l'Eglise et ne peut inscrire son enfant dans une école privée religieuse. Un tel impôt existe également en Suisse, en Italie, en Finlande, en Autriche, au Danemark ou encore en Argentine.

Guillaume Dussourt