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"Je ne peux pas respirer": Manuel Ellis, l'autre affaire qui rappelle George Floyd

Des manifestants demandent justice pour Manuel Ellis

Des manifestants demandent justice pour Manuel Ellis - David Ryder / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Survenue en mars dernier, la mort d'un trentenaire dans l'État de Washington lors d'une intervention policière soulève encore de nombreuses questions.

En quelques jours, le nom de George Floyd a fait le tour du monde. Depuis le 25 mai dernier, et la mort de cet Afro-américain de 46 ans lors d'une interpellation policière à Minneapolis, dans l'État du Minnesota, les rassemblements se sont multipliés à travers les États-Unis pour demander justice.

L'affaire met en lumière la fracture pré-existante de la société américaine, cristallise les tensions envers la police, accusée de violences racistes, et contribue à isoler Donald Trump, qui ne semble pas vouloir entendre les arguments des manifestants

"Homicide"

De manière tragique, la mort de George Floyd fait également réapparaître des affaires antérieures, elles-aussi empreintes de suspicions de violences policières. Ainsi, ce mercredi, le New York Times évoque avec insistance le cas de Manuel Ellis, un Afro-américain mort menotté en mars dernier lors d'une intervention policière à Tacoma, dans l'État de Washington, au sud de Seattle.

Comme pour George Floyd, dont la récente autopsie avait révélé que sa mort était due à une asphyxie liée à une technique d'immobilisation utilisée par le policier Derek Chauvin, depuis inculpé, la mort de Manuel Ellis pose de nombreuses questions. Dans un rapport rendu public ce jour, il est d'ailleurs également indiqué que le décès de ce dernier est un "homicide." 

"I can't breathe"

Dans celui-ci, Ed Troyer, l'officier de police en charge de l'enquête interne sur les conditions de la mort de Manuel Ellis, raconte cette funeste nuit du 3 mars 2020. Selon lui, l'homme de 33 ans est interpellé pour avoir frappé dans la vitre d'une voiture de patrouille, après s'en être pris à une femme en pleine rue. Finalement maîtrisé par quatre agents, il supplie, quelques minutes plus tard: "I can't breathe" ("Je ne peux pas respirer", ndlr). Une ambulance est appelée sur place, mais Manuel Ellis meurt quarante minutes plus tard. 

Toxicomane, ce dernier avait consommé, peu avant sa mort, plusieurs drogues qui selon le rapport n'ont pas de rapport direct avec sa disparition. En réalité, l'homme est mort d'un arrêt respiratoire dû à une hypoxie liée à une contention physique. Pour autant, selon Troyer, la technique de contention utilisée à Minneapolis, qui a causé la mort de Floyd, n'a pas été employée ici.

"C'est un autre homme noir tué par la police" 

À l'heure actuelle, l'affaire est entre les mains de la justice, qui aura la difficile tâche de statuer sur ce dossier. Si le rapport utilise bien le terme d'homicide, les procureurs doivent encore répondre à la question suivante: les policiers ont-ils agi légalement, ou bien s'agit-il d'un acte criminel? Le gouverneur de l'État de Washington, Jay Inslee, a assuré qu'une "enquête complète sur cet incident" sera réalisée. 

Du côté des proches d'Ellis, les résultats du rapport ne sont pas une surprise.

"C'est un autre homme noir qui a été victime et tué par la police. [...] J'ai dit tout ce temps que je savais que les policiers avaient tué mon frère. Je sais qu'il est impossible que leur version soit la vraie", indique sa sœur, Monet Carter-Mixon, toujours auprès du New York Times

Au sein des mouvements de contestation, la figure de Manuel Ellis, en plus de celle de George Floyd, a été plusieurs fois utilisée, et justice est une nouvelle fois demandée en son nom.

Hugo Septier