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Irak: une jihadiste française condamnée à la perpétuité

Une image mise en ligne le 14 juin 2014 sur un site jihadiste montre des soldats de Daesh sur une route irakienne. -

Une image mise en ligne le 14 juin 2014 sur un site jihadiste montre des soldats de Daesh sur une route irakienne. - - AFP

Un jihadiste française de 29 ans a été condamnée à la prison à perpétuité ce mardi par le tribunal de Bagdad.

La jihadiste française Djamila Boutoutaou a été condamnée ce mardi à la prison à perpétuité pour appartenance à Daesh par la Cour pénale centrale de Bagdad devant laquelle elle a plaidé avoir été dupée par son mari.

"Il était chanteur de rap"

"Quand je l'ai épousé, il était chanteur de rap, c'est en arrivant en Turquie que j'ai découvert que mon mari était un jihadiste", a affirmé en arabe cette Française d'origine algérienne de 29 ans à la cour.

Une fois en Turquie, "où nous devions seulement passer une semaine de vacances", "mon mari a été contacté par un homme nommé al-Qourtoubi", a-t-elle encore raconté.

"Je les entendus parler de départ vers la Syrie et l'Irak", a-t-elle dit et aussitôt, ils "m'ont enfermée dans une cave avec mes enfants" Abdallah et Khadija, a-t-elle encore raconté. "Mon mari m'avait dit 'je ne veux plus t'entendre' et il m'a forcé à rester dans cette cave".

"Forcée" à rejoindre Daesh 

Abdallah, dont elle n'a pas donné l'âge, a ensuite "été tué dans un bombardement", au cours de la longue et meurtrière contre-offensive des forces irakiennes pour repousser les jihadistes après leur percée fulgurante de 2014, a-t-elle dit. "Avant sa mort, je pesais 122 kilos, aujourd'hui, à cause de ma tristesse, je n'en pèse plus que 47".

L'avocat commis d'office a plaidé pour la clémence, arguant que Djamila Boutoutaou avait été forcée par son mari de rejoindre Daesh.

A la question du juge: "as-tu rejoint Daesh avec ton mari Mohammed Nassereddine et tes deux enfants?", la jeune femme qui a comparu dans un box grillagé en bois vêtue d'une tunique rose et d'un foulard marron, a répondu qu'elle l'avait fait contre son gré. "C'est mon mari qui m'a obligée", a-t-elle dit et redit. 

"C'est comme si j'avais passé deux ans en prison"

"Pendant les dix mois que j'ai passés en Irak, je n'ai pas vu mon mari qui passait son temps hors de la maison", a-t-elle poursuivi.

"Il a été tué près de Mossoul, alors nos voisins nous ont emmenés à Tal Afar, et là-bas la femme de mon voisin et moi-même nous nous sommes rendues aux peshmergas", les combattants kurdes qui tenaient alors de larges pans du nord de la province de Ninive, où se trouvent Mossoul et Tal Afar.

Là, elle a été retenue dans le camp Tel Keif, avec d'autres femmes et enfants de jihadistes. En pleurs, elle a ajouté: "c'est comme si j'avais passé deux ans en prison: dix mois chez Daesh puis plus d'un an en prison".

Des condamnations régulières

Régulièrement, des ressortissantes étrangères sont condamnées à la perpétuité ou à la peine capitale en Irak pour avoir rejoint Daesh.

Lors de la même audience, deux Russes, tenant chacune un nourrisson dans les bras, vêtues d'une veste rose sur une robe noire et coiffées d'un foulard de la même couleur, ont également écopé d'une peine de réclusion à perpétuité. Depuis une dizaine de jours, au moins huit femmes ont été condamnées à la perpétuité, tandis que huit autres, des Turques et des Azerbaïdjanaises, ont reçu la peine capitale, selon une source judiciaire.

M. F. avec AFP