BFMTV

Interdiction de se rendre aux Etats-Unis depuis l'Europe: à qui s'applique la règle?

En raison de la propagation du coronavirus, les Etats-Unis ont annoncé mercredi soir par la voix de Donald Trump la suspension des voyages entre l'Europe et les Etats-Unis pendant les 30 prochains jours. Une règle qui compte tout de même quelques exemptions.

L'annonce est tonitruante. Donald Trump a décidé de suspendre pendant les trente prochains jours les voyages entre l'Europe et les Etats-Unis en raison de la propagation du coronavirus.

Schengen plutôt que l'Europe 

Mais cette mesure fracassante connaît plusieurs exceptions et exemptions, comme le montre le texte officiel de la proclamation. Ainsi, la référence à l'"Europe" est en elle-même un raccourci, puisque les autorités américaines visent en fait les 26 Etats liés à l'espace Schengen, qui comprend notamment la France, l'Allemagne, ou encore les pays méditerranéens, mais pas le Royaume-Uni. Les ressortissants britanniques ou les voyageurs ayant séjourné sur l'île, sans avoir séjourné dans l'espace Schengen ni en Chine dans les 14 jours précédant la date de prévision de leur arrivée aux Etats-Unis pourront donc mener à bien leur périple. 

Il faut noter d'ailleurs que, la mesure n'entrant en vigueur que ce vendredi à minuit, elle ne concernera pas les personnes s'envolant vers l'Amérique du Nord depuis un des pays membres de Schengen avant cette date et cet horaire précis. Le texte de loi précise aussi explicitement qu'elle ne s'applique pas aux Américains et résidents permanents légaux aux Etats-Unis qui auraient fait un crochet par le vieux continent durant ces deux dernières semaines, ni aux "membres immédiats de la famille de citoyens américains".

Il faut entendre par là les époux et épouses de citoyens américains ou de résidents permanents, les parents ou tuteurs légaux de citoyens américains mineurs ou résidents permanents mineurs, les enfants d'Américains ou résidents permanents. Enfin, les personnalités invitées par l'exécutif de Donald Trump pourront aussi évidemment pénétrer sur le sol américain. 

Trump égratigne l'Union européenne 

Malgré une confusion initiale, il apparaît à présent que le fret européen ne sera pas entravé non plus. L'incertitude originelle était due à une imprécision dans l'allocution de Donald Trump depuis la Maison Blanche mercredi soir. Durant ce discours, le président des Etats-Unis a surtout fait valoir les premières dispositions prises pour tenter de juguler la crise sanitaire, évoquant la restriction des voyages avec la Chine, une "première quarantaine fédérale en plus de cinquante ans" et la déclaration d'un état d'urgence de santé publique. 

"C’est l’effort le plus offensif et le plus large pour affronter un virus étranger dans l’histoire moderne", a commenté Donald Trump. "La seule chose qui compte est la manière dont on répond à la menace et nous répondons avec une grande vitesse et une grande détermination. Nos équipes sont les meilleures du monde", a-t-il encore ajouté. Evoquant la suspension des voyages avec les pays de l'espace Schengen, il n'a pas manqué d'égratigner l'Europe:

"En prenant des mesures précoces et puissantes, nous avons connu beaucoup moins de cas aux Etats-Unis qu’en Europe. L’Union européenne a échoué à prendre les mêmes précautions et les restrictions de circulation depuis la Chine et d’autres zones à risque. Résultat: de nombreux clusters ont été créés aux Etats-Unis par des voyageurs venus d’Europe. Après avoir consulté les plus hauts responsables de la Santé, j’ai donc décidé de lancer une série d’actions fermes mais nécessaires pour protéger la santé de tous nos concitoyens."

Il a achevé: "Nous sommes à une heure critique du combat contre le virus. Nous nous sommes sauvés la vie en prenant de premières mesures rapidement au sujet de la Chine. Maintenant, nous devons faire la même chose avec l’Europe. Nous n’allons pas le retarder, je n’hésiterai jamais à faire ce qu’il faut pour protéger la vie et la santé des Américains".

Robin Verner