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Inquiétudes sur l'impact sanitaire de Fukushima

Des pommes produites au Japon sur un marché à Hong Kong. De nouveaux cas de contamination alimentaire ont renforcé mercredi l'inquiétude quant à l'impact sanitaire de l'accident de la centrale nucléaire de Fukushima, où la situation demeure fragile. /Phot

Des pommes produites au Japon sur un marché à Hong Kong. De nouveaux cas de contamination alimentaire ont renforcé mercredi l'inquiétude quant à l'impact sanitaire de l'accident de la centrale nucléaire de Fukushima, où la situation demeure fragile. /Phot - -

par Mayumi Negishi et Kazunori Takada TOKYO (Reuters) - De nouveaux cas de contamination alimentaire ont renforcé mercredi l'inquiétude quant à...

par Mayumi Negishi et Kazunori Takada

TOKYO (Reuters) - De nouveaux cas de contamination alimentaire ont renforcé mercredi l'inquiétude quant à l'impact sanitaire de l'accident de la centrale nucléaire de Fukushima, où la situation demeure fragile.

Les autorités japonaises ont interdit à la consommation certains légumes produits dans les régions voisines de Fukushima et les Etats-Unis ont bloqué leurs importations de lait et de produits frais en provenance des alentours de la centrale endommagée par le séisme et le tsunami du 11 mars, dont le dernier bilan s'élève à près de 23.000 morts et disparus.

Dans le nord du Japon, les pluies, parfois verglaçantes, les pénuries de carburant et les coupures d'électricité persistantes ralentissent les efforts d'aide aux populations sinistrées.

La catastrophe naturelle la plus coûteuse de l'histoire de l'humanité - évaluée par le gouvernement dans une fourchette de 200 à 310 milliards de dollars - a fait à ce jour 9.199 morts confirmés et dans les 13.786 disparus. Et 268.000 personnes ont passé une nouvelle nuit dans les centres d'hébergement.

La crise humanitaire et nucléaire auquel est confrontée la troisième économie mondiale menace aussi de se transformer en crise sanitaire.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que la présence d'éléments radioactifs dans certaines denrées alimentaires constituait un problème bien plus sérieux qu'on ne le pensait initialement et que la contamination alimentaire n'était pas un problème limité aux abords de la centrale.

LA FDA BLOQUE DES IMPORTATIONS

Des traces de radioactivité supérieures aux normes de sûreté ont été détectées sur onze types de légumes produits dans la préfecture de Fukushima, où se trouve la centrale endommagée.

La municipalité de Tokyo a aussi annoncé que des purificateurs d'eau étaient affectés par des niveaux trop élevés de radiation à Tokyo et dans cinq communes périphériques. L'eau ne doit pas être donnée aux nourrissons, a-t-elle dit.

De l'iode radioactive en faible quantité a été détectée par ailleurs dans l'eau du robinet à Tokyo et des traces de substances radioactives ont été trouvées dans l'océan Pacifique au large de la centrale.

La FDA, l'autorité sanitaire américaine, a annoncé la suspension des importations de lait, produits laitiers, fruits et légumes en provenance de quatre préfectures proches de la centrale (Fukushima, Ibaraki, Tochigi et Gunma).

La Corée du Sud a indiqué qu'elle prendrait une décision ce mercredi.

La France a quant à elle demandé à la Commission européenne d'imposer aux frontières de l'UE un contrôle harmonisé des importations de produits frais en provenance du Japon, une demande qui devrait être examinée ce mercredi.

Le secrétaire général du gouvernement Yukio Edano a promis d'"expliquer les faits" et mis en garde contre toute réaction excessive des autres pays.

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) s'est toutefois plainte mardi du manque d'informations fournies par les autorités japonaises.

DEUX BLESSÉS SUR LE RÉACTEUR N°1

L'opérateur de la centrale de Fukushima, Tokyo Electric Power (Tepco), a déclaré qu'il lui faudrait du temps avant de pouvoir dire si les réacteurs pourraient être stabilisés.

Au chapitre des améliorations, la piscine pour combustible usé du réacteur n°2 a pu être remplie d'eau, ce qui empêche le dégagement de radioactivité. Et les six réacteurs de la centrale sont désormais reliés par des câbles électriques, élément clé pour relancer le processus de refroidissement des cartouches de combustible. Dans l'un des réacteurs, le pompage d'eau a repris.

Mais la température est remontée à 400° Celsius dans le coeur du réacteur n°1, conçu pour fonctionner à 300°, et deux techniciens ont été blessés en tentant d'y rétablir le courant.

Les travaux ont également dû être interrompus dans le réacteur n°2 en raison d'un pic de radioactivité trop dangereux dépassant 500 millisieverts par heure.

Des centaines d'employés de Tepco s'efforcent de rétablir le courant pour remettre en route les pompes de refroidissement et empêcher une surchauffe du coeur des réacteurs, mais les débris, l'eau projetée sur le site et les pics de radiation entravent leurs efforts en permanence.

Le nuage radioactif dégagé par les explosions et les émanations devrait atteindre mercredi la France métropolitaine, a priori sans risque pour la population car selon l'Autorité de sûreté nucléaire, la distance entre la France et le Japon rend le risque négligeable. Le niveau de contamination de l'air en France devrait rester 1.000 à 10.000 fois inférieur au "nuage de Tchernobyl" en 1986, dit l'ASN.

Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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