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Idéologie, religiosité... Un rapport britannique explore les facteurs de l'engagement de femmes pour Daesh

Femme dans un camp incarcérant des proches de jihadistes dans le nord-est de la Syrie.

Femme dans un camp incarcérant des proches de jihadistes dans le nord-est de la Syrie. - Delil SOULEIMAN / AFP

Dimanche, le Guardian a diffusé un rapport produit par un think thank britannique et portant sur les origines de l'engagement des femmes jihadistes, en se fondant sur une enquête menée auprès de femmes venues du Royaume-Uni ou des Pays-Bas.

Daesh les considérait habituellement comme des ventres, voués à accoucher des combattants de demain. Mais leur engagement est tout autre que celui d'épouse de soldats ou de mère. Le think tank britannique, The Institute For Strategic Dialogue (ISD), a publié une étude, relayée dimanche par le Guardian, explorant les moteurs ayant poussé 250 femmes jihadistes venues du Royaume-Uni ou des Pays-Bas à adhérer au "Califat".

Des motifs directement politiques

La perspective de ce travail visait à s'opposer à une idée préconçue: "Une vue simpliste des motivations des femmes et des filles affiliées à l'extrémisme peut renforcer les stéréotypes induisant en erreur et les biais qui suggèrent que les femmes sont des suiveuses passives plutôt que des soutiens actifs, idéologiques", proclame ainsi le document. 

Si bien sûr, le mariage figure parmi leurs motifs de militantisme ou de départ vers le territoire anciennement aux mains de Daesh, il est parfois mentionné comme un simple moyen de faciliter son voyage et son installation sur place, voire une possibilité d'émancipation sexuelle. Ces femmes salafistes ont fait état de raisons directement politiques comme par exemple la volonté de participer à la fondation d'un "Etat islamique".

D'autres facteurs ressortent plutôt de besoins religieux, comme la possibilité selon certaines d'entre elles de participer à un "projet plus grand que soi voire divin", de vivre une "vie islamique pure". 

Un sentiment d'"inutilité" pour certaines

Tandis qu'un sentiment diffus d'"inutilité" ou d'"être sous-évaluée" a été relevé par les chercheurs en charge de l'enquête, des motivations sociales ont percé dans les discours: certaines ont ainsi assuré avoir fait le choix de rallier le "califat" car elles se sentaient "exclues", ou parce qu'elles avaient rencontré des formes de discrimination, ou encore parce qu'elles souhaitaient prendre leur autonomie en tant que femmes tout en rejetant le "féminisme occidental".

Un volet générationnel s'est également invité dans la discussion: adhérer à Daesh a été décrit comme une traduction d'une volonté de rébellion contre l'Etat voire sa famille. 

Le Guardian rappelle que 100 femmes britanniques sont allées en Syrie ou en Irak, un contingent qui constitue 12% de l'effectif total des sujets de ces îles ayant embrassé la bannière noire. 

Robin Verner