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Homophobie, sexisme, racisme: les déclarations chocs du nouveau président brésilien Bolsonaro

Le nouveau président d'extrême droite du Brésil est un habitué des dérapages. Les femmes, les homosexuels et les Noirs font partie de ses cibles favorites.

"Je ne suis pas un vilain petit canard, je suis un horrible petit canard". C'est par ces mots que Jair Bolsonaro, le nouveau président du Brésil, se décrit lui-même. Elu avec plus de 55% des voix à la tête du plus grand pays d'Amérique du Sud dans la nuit de dimanche à lundi, cet ancien militaire multiplie les sorties polémiques depuis plusieurs années.

En raison de ses nombreux dérapages et de son admiration pour le président américain, Jair Bolsonaro est surnommé le "Trump des tropiques" par certains Brésiliens et observateurs. "Il est misogyne, raciste, homophobe, antidémocratique", résume Miguel Lago, politologue, au micro de BFMTV. Petit tour d'horizon de ses phrases les plus dérangeantes.

Insultes aux femmes

Novembre 2003. Jair Bolsonaro, alors député, s'en prend au sein du Parlement à une élue de gauche, Maria Do Rosario. "Jamais je n’irai vous violer, vous ne méritez même pas ça", lui assène-t-il. "Je n'espère pas, sinon je vous frapperai", lui répond-elle. Avant qu'il ne donne le coup de grâce: "Si vous faites ça, je vous frapperai aussi. (...) Donc vous m’accusez d’être un violeur? Salope."

En 2014, au cours d'une interview au quotidien Zero Hora, il considère qu'il est difficile d'être un entrepreneur au Brésil. La raison? "C'est une disgrâce d'être patron dans notre pays, avec toutes ces lois du travail. Entre un homme et une femme, que va se dire un patron? 'Cette femme a une alliance au doigt, dans peu de temps elle sera enceinte, six mois de congés maternité' (...) Qui paiera l'addition? L'employeur."

En 2017, il lance une nouvelle pique à la gent féminine, alors qu'il parle de ses enfants: "J'ai quatre garçons. Pour le cinquième, j'ai eu un coup de mou et ça a été une fille". 

Rejet des homosexuels

Dans une interview accordée au magazine Playboy en 2011, Jair Bolsonaro assure qu'il serait incapable d'aimer un fils homosexuel. "Je préférerais qu'il meure dans un accident de voiture plutôt que de le voir avec un moustachu", précise-t-il.

"Si je vois deux hommes en train de s’embrasser dans la rue, je vais les frapper", déclare-t-il quelques années plus tard.

Racisme assumé

En 2011, une animatrice brésilienne lui demande lors d'une interview télévisée quelle serait sa réaction si l'un de ses fils tombait amoureux d'une femme noire. "Je ne discuterais pas de la promiscuité avec qui que ce soit. Il n’y a aucune chance que ça arrive. Mes enfants sont bien éduqués. Ils n’habitent pas dans les mêmes endroits que vous". 

En 2017, il part à la rencontre d'une communauté quilombola, composée de descendants d’esclaves en fuite. A la fin de cette visite, il résume: "Ils ne font rien! Ils ne servent même pas à la reproduction!".

Nostalgie de la dictature militaire

En 2016, il déclare lors d'une interview à Radio Jovem Pan: "L'erreur de la dictature a été de torturer sans tuer". Jair Bolsonaro, ancien militaire, est un nostalgique de la dictature militaire, qui avait secoué le Brésil entre 1964 et 1985.

La même année, il vote en faveur de la destitution de la présidente Dilma Rousseff. Il dédie son vote à "la mémoire du colonel Carlos Alberto Brilhante Ustra", un homme accusé de plusieurs assassinats, et qui aurait torturé Dilma Rousseff elle-même pendant la dictature, alors qu'elle était une jeune résistante. 

En août dernier, alors qu'il est en pleine campagne pour la présidentielle, Jair Bolsonaro promet dans une interview télévisée qu'il va remettre de l'ordre dans son pays, quelles que soient les méthodes employées par les policiers pour y parvenir. "S’ils tuent 10, 20 ou 30 personnes, avec 10, 20 ou 30 balles dans la tête chacun, ils doivent être décorés, pas poursuivis", lance-t-il.

Céline Penicaud