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Greta Thunberg récompensée par le prix Right Livelihood, un "Nobel alternatif"

Greta Thunberg à une manifestation pour le climat à Washington, le 18 septembre

Greta Thunberg à une manifestation pour le climat à Washington, le 18 septembre - Nicholas Kamm / AFP

La fondation The Right Livelihood a décerné ce mercredi son "Nobel alternatif" à quatre personnes, dont Greta Thunberg, qui ont fait preuve de "courage" et "d'audace" face aux défis "les plus urgents de notre monde".

La jeune Suédoise Greta Thunberg, égérie de la lutte contre le réchauffement climatique, a été récompensée ce mercredi par le prix Right Livelihood, qui se veut un "Nobel alternatif", décerné par une fondation privée suédoise. Cette récompense lui est attribuée deux jours après son discours furieux contre les dirigeants mondiaux au sommet sur le climat à l'ONU, et après l'annonce d'une plainte collective contre cinq pays par 16 jeunes écologistes, dont Greta Thunberg, dénonçant l'inaction des dirigeants comme une atteinte à la convention de l'ONU sur les droits de l'enfant.

Le combat de la jeune Suédoise

Greta Thunberg, 16 ans, a été distinguée par ce prix "pour avoir inspiré et porté les revendications politiques en faveur d'une action climatique urgente conforme aux données scientifiques", a écrit la fondation dans un communiqué.

"Sa compréhension de la crise climatique basée sur la science ainsi que les maigres réponses apportées sur le thème par la société et les politiques ont conduit Greta Thunberg à se consacrer à la cause et à réclamer des actes contre le changement climatique. Elle personnifie l'idée que chacun a le pouvoir d'infléchir le cours des choses", poursuit la fondation.

Le combat de cette adolescente militante pour le climat, baptisé "Fridays For Future", a commencé il y a un an, le 20 août 2018, quand elle a entamé seule devant le Parlement suédois sa première "grève de l'école pour le climat", munie de son panneau éponyme qui ne la quittera plus.

Depuis, il s'est considérablement étendu. De la Suède à l'Australie, de l'Europe à l'Amérique, il a fait florès sur tous les continents, porté par une partie de la jeunesse. Vendredi, plus de quatre millions de personnes selon les organisateurs sont descendues dans les rues de quelque 160 pays pour rejoindre la "grève mondiale pour le climat", afin d'exiger des politiques au pouvoir des actions contre la catastrophe climatique annoncée.

Récompenser des personnes "visionnaires"

Sont également honorées par le prix la militante sahraouie des droits de l'homme Aminatou Haidar pour son combat pour l'autodétermination du peuple du Sahara occidental et l'avocate chinoise spécialiste du droit des femmes Guo Jianmeic. L'association Yanomami Hutukara et son célèbre porte-parole Davi Kopenawa ont aussi reçu un prix pour la "lutte ferme et déterminée à protéger les forêts et la biodiversité de l'Amazonie, ainsi que les terres et la culture de ses peuples autochtones". Chacun des lauréats recevra un million de couronnes (94.000 euros) de prime associée au prix.

Le prix Right Livelihood a été créé en 1980 par le Germano-Suédois Jakob von Uexkull, qui fut eurodéputé écologiste, après le refus de la fondation Nobel de créer des prix pour l'environnement et le développement. Pour cette raison, la fondation qui le décerne revendique l'étiquette de "prix Nobel alternatif", décerné à 166 lauréats issus de 68 pays.

Il est décrit comme une récompense qui "honore et soutient les personnes et associations ayant fait preuve de courage et d’audace en proposant des solutions visionnaires et exemplaires aux défis les plus urgents de notre monde".

J. G. avec AFP