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Fusillade à Ottawa: le Canada ciblé à son tour

Vue éloignée du parlement canadien à Ottawa. Le quartier est bouclé par la police.

Vue éloignée du parlement canadien à Ottawa. Le quartier est bouclé par la police. - Michel Comte - AFP

Un acte terroriste contre le Parlement, à Ottawa, et un au moins un autre contre un mémorial militaire, situé à proximité. Le Canada est mercredi sous le choc. Alors que la traque contre les présumés agresseurs continue, beaucoup s'interrogent.

Le Canada fait l'amère expérience de la concrétisation de menaces terroristes sur son sol et au cœur même de son centre de pouvoir. Le Parlement situé à Ottawa a été attaqué mercredi, vraisemblablement par plusieurs individus, dont l'un selon des témoins, arborait un foulard blanc orné de motifs arabes. D'autres informations font état d'au moins deux autres fusillades, dont l'une a coûté la vie à un soldat posté devant le monument aux morts, situé non loin du Parlement. Face à ce qui ressemble à une attaque coordonnée, plusieurs questions affleurent. Pourquoi une telle attaque, pourquoi aujourd'hui et contre ces cibles hautement emblématiques du pouvoir canadien?

> Pourquoi s'en prendre au Canada?

Pour Anne Giudicelli, spécialiste des questions terroristes, cette attaque est dirigée contre un pays "qui contribue de façon militaire et pas seulement logistique", aux opérations menées contre Daesh en Irak, a-t-elle expliqué sur BFMTV, mercredi soir. Le Canada a en effet été l'un des premiers pays à intégrer la coalition contre l'organisation autoproclamée Etat islamique. Six avions de chasse sont engagés sur le terrain tandis que des soldats ont été envoyés dans le nord de l'Irak pour former les Peshmergas.

> Pourquoi frapper le Parlement?

Le choix de cette cible est intéressant pour Anne Giudicelli, puisque si "on s'en tient à la piste de réseaux liés à la situation en Irak, le Parlement est l'endroit où se décide généralement dans les démocraties occidentales, d'un engagement d'un pays dans une coalition, dans une intervention sur un autre pays".

A l'heure actuelle, la piste jihadiste n'est nullement confirmée officiellement, mais c'est une hypothèse qui vient immédiatement à l'esprit.

> Pourquoi aujourd'hui?

Un député canadien Jean-François Fortin, qui répondait en direct aux questions de BFMTV sur la fusillade en cours, a expliqué que le mercredi n'est pas un jour "anodin" pour ce type d'actions puisque c'est une journée où il y a "énormément" de monde dans les enceintes parlementaires. Et pour cause, ce jour est celui des "caucus". Beaucoup de politiques, mais aussi de journalistes étaient donc présents au Parlement, avant que celui ne soit évacué.

Des "rumeurs persistantes" d'une attaque contre le parlement avaient aussi émergé ces derniers jours, participant à alimenter un climat de psychose. Le niveau d'alerte terroriste avait été relevé mardi, de bas à moyen, après qu'un Québécois de 25 ans a fauché mortellement un militaire en uniforme. Le geste avait été qualifié d'acte terroriste par les autorités.

Pour François Durpaire, spécialiste de l'Amérique du Nord, il n'est sans doute pas une coïncidence que cette attaque intervient au moment où le Parlement canadien discutait d'un "texte pour renforcer les pouvoirs de services de sécurité canadiens et de renseignement, notamment en matière anti-terroriste".