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Ukraine: "Pas de droit à l'échec" jeudi

Des hommes armés sur un blindé arborant un drapeau russe à Slavyansk

Des hommes armés sur un blindé arborant un drapeau russe à Slavyansk - -

Les insurgés pro-russes ont poursuivi leur offensive mercredi dans l'Est du pays, à la veille d'une rencontre internationale visant à dénouer la crise. Six blindés ukrainiens ont été capturés. BFMTV.com fait le point sur les évolutions de la journée.

"Au bord de la guerre civile". C'est ainsi que Vladimir Poutine a qualifié la crise en Ukraine mercredi, après un entretien avec la chancelière allemande Angela Merkel. Dans un communiqué, le président russe a estimé que l'intervention de l'armée ukrainienne dans l'Est du pays, lancée mardi, constituait "un recours inconstitutionnel à la force contre des manifestations pacifiques" pro-russes de la région.

Sur le terrain, six blindés ukrainiens ont été capturés après avoir été bloqués par la population, et une colonne a déposé les armes devant les pro-russes.

Ordre de "tirer pour tuer" sur les militaires ukrainiens

Par ailleurs, trois blindés légers et un camion transportant des hommes armés sans insignes, mais arborant un drapeau russe, circulaient le matin dans la ville de Kramatorsk dans l'Est du pays. Le convoi s'est ensuite dirigé vers Slaviansk, à quelques kilomètres au nord, une ville emblématique de l'insurrection pro-russe.

Une vingtaine d'hommes armés et cagoulés a également pénétré dans la mairie de Donetsk, autre grande ville de l'Est du pays. Ils auraient pour revendication l'organisation d'un référendum sur la "fédéralisaton" de l'Ukraine.

Les services spéciaux ukrainiens ont annoncé plus tard dans la matinée que les groupes armés pro-russes, situés dans plusieurs villes de l'Ukraine, avaient eu pour ordre de "tirer pour tuer" sur les militaires ukrainiens.

"Pas de droit à l'échec" à Genève jeudi

S'inquiétant d'une situation "toujours plus menaçante", le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a annoncé que les participants à la rencontre de Genève sur la crise ukrainienne organisée jeudi n'avaient "pas de droit à l'échec". Le secrétaire d'Etat américain John Kerry s'est envolé dans la matinée pour Genève, où il rencontrera ses homologues européen, ukrainien et russe afin de dénouer cette crise.

Les Etats-Unis ont indiqué être prêts à imposer de nouvelles sanctions contre la Russie, dans le cas où cette réunion serait un échec. Cependant, aucune sanction ne sera prise avant la rencontre de jeudi, afin de donner une chance à une résolution diplomatique. Jen Psaki, la porte-parole du département d'Etat américain, l'a confirmé mardi soir.

Lors d'une rencontre informelle de chefs de la diplomatie à Alicante dans le Sud de l'Espagne, sept pays de la Méditerranée, dont la France et l'Espagne, ont appelé à "éviter une escalade" de la violence en Ukraine et demandé à la Russie de "respecter l'ordre international". "La situation en Ukraine est grave", a souligné le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius.

Parallèlement, le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a annoncé le renforcement des dispositifs de défense aérienne, maritime et terrestre de ses pays membres d'Europe de l'Est. "Nous allons avoir plus d'avions dans le ciel, plus de navires en mer et la préparation des forces terrestres sera renforcée", a-t-il déclaré.

V.P. et M.G. avec AFP