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Ukraine: Obama est "sans certitude" sur l'application de l'accord

Une femme rend hommage aux hommes morts dans les affrontements de Kiev

Une femme rend hommage aux hommes morts dans les affrontements de Kiev - -

Les Occidentaux, Kiev et Moscou ont conclu un accord jeudi à Genève pour une désescalade rapide des tensions en Ukraine au bord de l'éclatement.

Les Occidentaux, Kiev et Moscou ont conclu un accord jeudi à Genève pour une désescalade rapide des tensions en Ukraine au bord de l'éclatement. Cet accord, qui prévoit notamment le désarmement des groupes armés illégaux et l'évacuation des bâtiments occupés, paraissait hors d'atteinte pour les diplomates avant la réunion. Reste à voir s'il sera mis en oeuvre, a mis en garde le président américain Barack Obama qui s'est dit "sans certitude aucune" à ce sujet.

"J'espère que nous verrons une application (de l'accord) dans les prochains jours, mais je ne pense pas qu'on puisse compter dessus, étant donné ce qu'on a vu dans le passé", a-t-il déclaré.

"Tous les groupes armés illégaux doivent être désarmés, tous les bâtiments saisis illégalement doivent être rendus à leurs propriétaires légitimes, toutes les rues, les places et les autres lieux publics dans les villes ukrainiennes doivent être libérés", indique le document final. La mission de surveillance de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) sera chargée d'aider les autorités ukrainiennes à mettre en oeuvre ces mesures.

Amnistie pour ceux qui respectent l'accord

C'est le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, qui a le premier annoncé l'accord lors d'une conférence de presse. La Russie n'a "aucun désir" d'envoyer des troupes en Ukraine, a-t-il aussi assuré mais Moscou avait multiplié ces derniers jours les déclarations de fermeté.

La diplomate en chef de l'Union européenne Catherine Ashton, qui représentait l'UE à ces discussions quadripartites, a souligné que "l'OSCE doit jouer un rôle dirigeant" dans l'application de l'accord, dont le texte prévoit que les Etats-Unis, l'UE et la Russie sont prêts à fournir des observateurs.

Le document qui a été adopté prévoit aussi une amnistie pour ceux qui respecteront les dispositions de l'accord, à l'exception de "ceux qui sont coupables de crimes de sang".

Provocation antisémite à Donetsk

L'engagement de la Russie à Genève "sera un test, on verra si la Russie veut aider à la stabilité de cette région", a de son côté estimé à Genève le chef de la diplomatie ukrainienne Andrii Dechtchitsa.

Car les tensions sur le terrain restent très fortes. Des affrontements qui ont fait trois morts ont opposé dans la nuit de mercredi à jeudi insurgés pro-russes et loyalistes au pouvoir de Kiev. A Donetsk, des inconnus ont distribué des tracts obligeant les juifs à s'enregistrer en tant que tels dans cette ville en proie à une insurrection pro-russe. Cette action va "au-delà de l'inacceptable", a dénoncé John Kerry.

De son côté le président Vladimir Poutine a exhorté les autorités ukrainiennes à accepter le "dialogue", au risque de mener le pays vers le "gouffre", et réclamé des "garanties" pour les droits des populations russophones de ces régions orientales ukrainiennes.

S.A. avec AFP