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Stéréotypes: deux écoles suédoises bannissent les termes "fille" et "garçon"

(Photo d'illustration)

(Photo d'illustration) - Eric Cabanis-AFP

En Suède, deux écoles maternelles ont décidé de ne plus désigner les enfants par leur sexe mais par leur prénom ou un pronom neutre. Objectif: ne pas enfermer les petites filles et les petits garçons dans des stéréotypes de genre.

Les enfants ne seront plus désignés par leur sexe mais par leur prénom. En Suède, deux écoles maternelles de Stockholm ont décidé de faire un pas de plus dans la lutte contre les stéréotypes de genre.

Le pronom neutre "hen"

Les termes "garçon" et "fille" ne seront ainsi plus employés, comme le rapporte CNN. Le personnel et les enseignants appelleront les enfants uniquement par leur prénom ou par le pronom neutre "hen", qui permet d'éviter toute référence liée au sexe. Ce terme, qui est apparu dans la langue suédoise en 1966 et n'a pas manqué de susciter la controverse comme le rappelait Slate, permet de croiser "han", qui signifie "il", et "hon", pour "elle".

Cette décision a été prise après que les enseignants se sont filmés lors de leurs interactions avec les enfants. Ils ont constaté qu'ils ne se comportaient pas de la même manière selon que l'enfant était une fille ou un garçon. Ils ont remarqué qu'ils toléraient davantage le chahut chez les garçons que chez les filles. Et consolaient ces dernières lorsqu'elles pleuraient, tandis que les larmes étaient moins acceptées chez les garçons.

Objectif pour ces deux établissements scolaires: aller plus loin dans la déconstruction des stéréotypes de genre qui enferment les enfants dès le plus jeune âge dans des rôles prédéterminés. La lutte contre les stéréotypes est inscrite en Suède dans les programmes scolaires depuis 1998.

"Que tous les enfants aient les mêmes chances"

Pour la directrice de ces deux écoles, les stéréotypes de genre limitent les opportunités des enfants. "Nous essayons d'enlever les barrières qui empêchent les garçons et les filles de faire ce qu'ils et elles veulent, explique Lotta Rajalin. Nous voulons que tous les enfants aient les mêmes chances de sentir, de s'exprimer, d'aimer la couleur qu'ils préfèrent et de pratiquer le sport qu'ils aiment."

Une récente étude a montré que les stéréotypes de genre sont solidement ancrés chez les enfants dès l'âge de 10 ans. Selon cette enquête qui a été menée dans quinze pays, "les risques en matière de santé encourus par les adolescents sont déterminés par des comportements façonnés par les stéréotypes sexuels". Par exemple, ces clichés sur une certaine passivité féminine peuvent encourager les abus.

La Suède, 4e au classement de la parité

Dans la même logique, les jouets seront tous mélangés, sans réserver d'espace spécifique pour les poupées ou les jouets de construction. Pour Ben Kenward, un chercheur en psychologie à l'université d'Uppsala et à l'université d'Oxford Brookes au Royaume-Uni, ces écoliers sont moins influencés par leur genre que les autres enfants du même âge. Et selon lui, cette pédagogie est "un bon outil".

Si cette approche, ne fait pas l'unanimité en Suède -certain la qualifiant de "secte" et regrettant que la différence entre les sexes ne soit plus faite-Lotta Rajalin précise quant à elle ne pas essayer "de dire que les filles devraient être des garçons ou que les garçons devraient être des filles, nous voulons juste que chaque personne ait le droit d'être la personne qu'elle est, quelque soit son genre".

La Suède est plutôt en avance sur le sujet de l'égalité entre les sexes. Ce pays scandinave se situe à la 4e place dans le Global Gender Gap, le classement mondial sur la parité du Forum économique mondial. À titre de comparaison, la France se trouve au 17e rang, après le Burundi et la Namibie.

Céline Hussonnois-Alaya