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Migrants: Malte et l'Italie refusent le débarquement du navire humanitaire Open Arms

Le bateau Open Arms au large de l'Espagne en décembre 2018.

Le bateau Open Arms au large de l'Espagne en décembre 2018. - JORGE GUERRERO / AFP

Le navire humanitaire se trouve en mer Méditerranée avec 121 migrants à son bord. Malte et l'Italie ont tout deux refusé de laisser débarquer l'Open Arms et Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur italien, est allé jusqu'à menacer de saisir le bateau.

Le bateau Open Arms, de l'ONG espagnole Proactiva, qui navigue depuis six jours en Méditerranée avec 121 migrants à bord, s'est vu refuser tout débarquement à Malte et Matteo Salvini lui a interdit mercredi toute entrée dans les proches eaux italiennes.

"Six jours sont passés sans réponse, sans que les personnes à bord voient leur dignité reconnue", a écrit l'ONG sur son compte Twitter, après avoir déploré la veille: "Malte a nié le droit au débarquement et l'Italie ne répond pas".

"Les eaux italiennes sont fermées pour" l'Open Arms

"Nous ne nous reconnaissons pas dans cette Europe, dans ses Etats lâches, dans sa politique vide. La lutte pour leurs droits est également la lutte pour les nôtres. Aidez-nous", a ajouté Proactiva Open Arms.

L'Italie a répondu par la voix de son ministre de l'Intérieur Matteo Salvini, homme fort du gouvernement, qui a interdit l'entrée du navire dans les eaux territoriales italiennes et menacé dans le cas contraire de saisir le bateau.

"L'Open Arms est depuis six jours en Méditerranée, et maintenant il menace d'entrer en Italie. Il aurait eu tout le temps de rejoindre l'Espagne", a écrit le chef de la Ligue sur Twitter. "Que l'Open Arms ne l'oublie pas, les eaux territoriales italiennes sont fermées pour lui et nous sommes prêts à confisquer le navire", a ajouté Matteo Salvini.

Une nouvelle législation plus stricte

Le Parlement italien a adopté lundi soir une nouvelle loi sur la "sécurité", prévoyant des amendes jusqu'à un million d'euros pour le commandant ou l'armateur des navires d'ONG qui violeraient l'interdiction d'entrée dans les eaux territoriales italiennes, ainsi que la saisie du navire.

Le fondateur de l'ONG espagnole Proactiva Open Arms avait réclamé lundi que les Etats européens se mettent d'accord pour permettre aux 121 migrants secourus en Méditerranée de débarquer sur le continent.

Dans un entretien téléphonique avec l'AFP, Oscar Camps avait demandé une solution similaire à celle de l'Alan Kurdi, navire allemand qui a pu débarquer les 40 migrants à son bord dimanche à Malte après un accord de répartition entre plusieurs pays.

L'Open Arms se trouve actuellement dans les eaux internationales, selon le site vesselfinder.com, au sud-ouest de Malte, et à l'est de l'île italienne de Lampedusa, plus proche de cette dernière.

Jeanne Bulant avec AFP