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Les dizaines de migrants bloqués sur le Gregoretti pourront débarquer en Italie après un accord européen

Un navire des garde-côtes en Italie

Un navire des garde-côtes en Italie - Alessandro FUCARINI/AFP

La France va accueillir trente migrants bloqués depuis une semaine sur le Gregoretti, un navire des garde-côtes italiens. Ils vont pouvoir débarquer grâce à un accord pour les répartir entre cinq pays européens et l'Eglise italienne.

Les dizaines de migrants bloqués depuis une semaine sur le Gregoretti, un navire des garde-côtes italiens, vont pouvoir débarquer mercredi grâce à un accord pour les répartir entre cinq pays européens et l'Église italienne, ont annoncé Rome et Bruxelles. La France s'est engagée à accueillir 30 personnes. 

"Je donnerai l'autorisation de débarquer dans les prochaines heures", a déclaré sur Facebook Matteo Salvini, ministre italien de l'Intérieur et patron de la Ligue (extrême droite).

Partis de Libye en début de semaine dernière à bord de deux embarcations distinctes, un total de 140 migrants avaient été repérés par des pêcheurs, secourus par des vedettes des garde-côtes italiens et transférés sur le Gregoretti le 25 juillet, le jour où plus de 110 autres avaient disparu dans un naufrage au large de la Libye.

Les garde-côtes ont assuré que l'opération avait eu lieu en concertation avec le ministère de l'Intérieur, mais Matteo Salvini a alors déclaré qu'il ne laisserait débarquer les migrants qu'avec un plan pour les répartir au sein de l'Union européenne.

Tester la résolution d'Emmanuel Macron 

Il reste encore 116 hommes à bord du Gregoretti, qui se trouve dans le port militaire d'Augusta (Sicile) depuis dimanche à l'aube. L'Allemagne, le Portugal, la France, le Luxembourg, l'Irlande et l'Église d'Italie se sont accordés pour les prendre en charge, ont annoncé Matteo Salvini et un porte-parole de la Commission européenne.

Le ministre français de l'Intérieur Christophe Castaner "a donné son accord" pour que "trente personnes, des réfugiés et non des migrants économiques", soient accueillis en France dans les prochains jours, a indiqué son ministère. 

Dans cette optique, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) se rendra en Italie dans "quelques jours". La France, précise-t-on au ministère, est "le pays qui accueille le plus sur cette méthode", à savoir après des débarquements de migrants sur les côtes européennes.

"Une solution européenne a été trouvée pour les femmes et les hommes bloqués sur le navire Gregoretti", s'est félicité Emmanuel Macron sur les réseaux sociaux. "Ils vont débarquer en Italie, puis seront accueillis dans 6 pays, dont la France. Notre pays est fidèle à ses principes: responsabilité, solidarité et coopération européenne".

La démarche de Matteo Salvini dans cette affaire semblait destinée à tester la résolution du président français, Emmanuel Macron, qui avait annoncé le 22 juillet un accord entre 14 pays européens pour mettre en oeuvre un "mécanisme de solidarité", immédiatement raillé par Matteo Salvini, parce qu'il partait du principe que les migrants devaient d'abord débarquer en Italie.

Plus de la moitié des migrants devraient être pris en charge par l'Église

Aucune précision n'a été fournie sur la répartition, mais selon les indications fournies à Bruxelles, plus de la moitié des migrants devraient être pris en charge par l'Église, en Italie.

En août 2018, l'Église d'Italie avait déjà aidé à résoudre une crise similaire en accueillant une centaine de migrants bloqués pour les mêmes raisons sur le Diciotti, un autre navire des garde-côtes italiens. La quasi-totalité des migrants concernés avaient disparu au bout de quelques jours, partis par leurs propres moyens tenter leur chance dans d'autres pays européens.

Mais alors que cette crise semble en voie de résolution, une nouvelle s'est ouverte avec l'annonce de l'ONG allemande Sea-Eye que son navire Alan Kurdi a secouru 40 migrants mercredi au large de la Libye. En application d'une récente législation, Matteo Salvini leur a formellement interdit l'accès aux eaux italiennes.

Alexandra Jaegy avec AFP