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L'Ukraine accuse la Russie de vouloir la détruire, l'OSCE attendue à Moscou

Le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk, jeudi 27 février, à la Rada, le Parlement ukrainien.

Le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk, jeudi 27 février, à la Rada, le Parlement ukrainien. - -

Les violences à Odessa font partie d'"un plan russe pour détruire l'Ukraine", a déclaré dimanche le Premier ministre ukrainien. Parallèlement, une visite à Moscou mercredi du président de l'OSCE a été annoncée par le Kremlin.

L'Ukraine a accusé la Russie de chercher à la "détruire" après la propagation des troubles séparatistes dans l'est du pays et les violences à Odessa, où des pro-russes ont attaqué dimanche le siège de la police.

Une visite à Moscou mercredi du président de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), Didier Burkhalter, a parallèlement été annoncée par le Kremlin avec pour objectif affiché de "faire baisser la tension en Ukraine". 

Plus tôt dimanche, environ 2.000 personnes avaient lancé un assaut contre le siège de la police d'Odessa, ville portuaire du sud, a constaté un journaliste de l'AFP.

> Un "plan russe pour détruire l'Ukraine"

Les assaillants ont réclamé et obtenu la libération de 67 de leurs camarades. Environ 120 personnes avaient été arrêtées vendredi après de violents heurts entre des pro-russes et partisans de l'Ukraine unie. Ces violences avaient entraîné un incendie criminel dans lequel avaient péri une quarantaine de personnes, principalement des pro-russes.

"Ce qui s'est passé à Odessa fait partie du plan de la Fédération de Russie pour détruire l'Ukraine et son Etat", a accusé dimanche le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk, arrivé dans la matinée à Odessa.

"Le but de la Russie était de répéter à Odessa ce qui se passe dans l'est du pays", a-t-il ajouté. Iatseniouk a également annoncé le limogeage et le remplacement de tous les hauts responsables de la police de la ville.

> Slaviansk encerclée par l'armée ukrainienne

La nuit de samedi à dimanche s'est déroulée sous haute tension dans l'Est avec de nombreux incidents et violences signalés dans le bassin minier oriental du Donbass, frontalier de la Russie, qui regroupe les régions de Lougansk et Donetsk.

A Kramatorsk, toujours sous le contrôle des rebelles dimanche après l'attaque par l'armée d'un check point à proximité samedi, "les gens ont très peur", a déclaré un militant pro-russe, Artiom Gaspogrian. "Personne ne pensait qu'il pourrait y avoir des opérations militaires à Kramatorsk".

Dans Slaviansk même, trois fortes détonations ont été entendues au loin peu après 19h par les journalistes de l'AFP présents dans le centre-ville.

"Des combats sont en cours", a déclaré Stella Khorocheva, la porte-parole des rebelles, sans pouvoir pour le moment préciser où.

L'armée ukrainienne a coupé dimanche le principal axe routier vers la ville de Slaviansk, bastion des insurgés pro-russes dans l'est de l'Ukraine. "La ville est totalement encerclée", a confirmé la porte-parole des séparatistes.

> L'OSCE attendue à Moscou

Signe d'un nouvel effort de la communauté internationale pour parvenir à un règlement pacifique de la crise, le président de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), Didier Burkhalter, se rendra le 7 mai à Moscou.

De son côté, le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier a pour sa part plaidé dimanche en faveur d'une deuxième conférence de Genève afin de tenter de sortir de la crise en Ukraine.

La Russie avait auparavant dénoncé dimanche un "blocus" sur les informations diffusées en Occident sur les "événements tragiques" en Ukraine.

En Crimée, territoire ukrainien rattaché en mars à la Russie, des dizaines d'avions russes, dont ce qui semblaient être des bombardiers et des avions de combats, ont été aperçus dans le ciel, ce qui pourrait être le signe que Moscou est en train de déplacer d'importantes forces militaires aéronautiques dans la péninsule, selon des experts.

D'après les médias russes, le président Poutine doit se rendre vendredi en Crimée après avoir assisté à la parade militaire du 9 mai de Moscou qui commémore la victoire sur l'Allemagne nazie.

K. L et M. G. avec AFP