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Rubygate: la défense de Berlusconi plaide "l'acte d'humanité"

L'ancien président du Conseil italien, Silvio Berlusconi.

L'ancien président du Conseil italien, Silvio Berlusconi. - -

Dans ce procès où Silvio Berlusconi est notamment jugé pour prostitution de mineure, la défense a plaidé lundi l'acquittement, et réitéré la thèse d'un complot de "magistrats rouges" contre le Cavaliere.

La défense de Silvio Berlusconi, accusé dans le procès Rubygate d'abus de pouvoir et prostitution de mineure, a demandé lundi l'acquittement pour l'ex-chef du gouvernement italien. Car pour l'avocat du Cavaliere, Niccolo Ghedini, il n'a tout simplement "commis aucun délit".

Le 13 mai dernier, le parquet avait requis six ans de prison. Mais lundi, Me Ghedini a assuré devant le tribunal de Milan que l'aide apportée par son client à la jeune Marocaine Karima El Mahroug, surnommée "Ruby", était simplement "un acte d'humanité" et n'impliquait aucun "délit contre l'administration publique".

Dans ce procès, le Cavaliere est accusé d'abus de pouvoir, car il est intervenu en mai 2010 auprès de la police de Milan pour faire libérer Ruby interpellée après un larcin, et de prostitution de mineure.

La défense dénonce des "préjugés"

Il y a trois semaines, la procureure Ilda Boccassini avait demandé une "peine de base de cinq ans" pour le premier chef d'accusation, "aggravée d'un an" pour avoir rémunéré les prestations sexuelles de cette mineure. La représentante du parquet avait assorti son réquisitoire d'une sévère requête d'"interdiction à vie d'exercer toute fonction publique" à l'encontre du Cavaliere.

L'avocat a dénoncé "des préjugés" que les juges et le parquet auraient à l'égard de Silvio Berlusconi. Pour la défense du Cavaliere, des "magistrats rouges" tentent, en le poursuivant sur le plan juridique, de se substituer aux partis politiques de gauche qui n'ont pas réussi à le défaire sur le plan politique. "J'ai vu avec quelle attention le parquet a enquêté sur Silvio Berlusconi et j'ai noté le peu d'enthousiame avec lequel il a enquêté sur d'autres pistes", a pointé Me Ghedini.

"Pas de rapports sexuels"

Celui-ci a en outre évoqué de vieilles déclarations de Ruby selon lesquelles elle aurait eu des rapports sexuels rétribués avec d'autres hommes. "Si c'est vrai, pourquoi est-ce-que l'enquête a porté seulement sur Silvio Berlusconi?", a-t-il lancé, avant de réitérer que, de toute façon, tous les documents "prouvent que Karima n'a pas eu de rapports sexuels avec Silvio Berlusconi", comme les deux l'ont toujours affirmé.

Le verdict est attendu le 24 juin.


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M. T. avec AFP