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Au Vatican, un "House of Cards" entre le pape François et les cardinaux conservateurs

Des affiches contre le pape ont été placardées dans les rues de Rome

Des affiches contre le pape ont été placardées dans les rues de Rome - BFMTV

Les idées réformatrices du pape François ne plaisent pas à tout le monde, au Vatican. Des affiches accusant ouvertement le souverain pontife d'avoir évincé des prêtres conservateurs ont été placardées dans les rues de Rome.

Des affiches ont été placardées, ces derniers jours, dans les rues de Rome. Elles fustigent le pape François et l'accusent d'avoir évincé des prêtres conservateurs et d'avoir "décapité l'Ordre de Malte". Son grand-maître, Fra'Matthew Festing, a été contraint à la démission, le 4 février dernier, après neuf années à la tête de cet organisation caritative mondiale. La police romaine prend l'affaire très au sérieux et a ouvert une enquête pour retrouver les auteurs de ces affiches. Une péripétie de plus dans le duel qui oppose la frange conservatrice de l'Église et le pape François.

À l'origine de ce conflit ouvert, les positions réformatrices du souverain pontife qui souhaite, par exemple, ouvrir l'Église aux fidèles "en situation irrégulière" comme les divorcés remariés civilement. Les cardinaux conservateurs, pour qui le mariage est indissoluble, s'opposent formellement à cette idée. À la tête de cette fronde contre le pape François, on retrouve le cardinal américain Raymond Burke, ancien patron de l'ordre de Malte et relégué au simple rang de figurant par le successeur de Benoît 16, le 4 février dernier.

François peut compter sur le "C9" et les fidèles

Le souverain pontife n'est pas isolé dans ce conflit ouvert et peut compter sur l'appui du "C9", un groupe de neuf cardinaux qui le conseillent dans ses choix. Pour l'Allemand Reinhard Marx, un de ces cardinaux, il n'est pas question de dramatiser la situation :

"Nous avons des discussions et des tensions au sein de l'Église. Mais il en sera toujours ainsi", a-t-il tempéré devant la presse, la semaine dernière.

Si en haut lieu elles créent la polémique, les positions réformatrices du pape François plaisent à une large majorité des fidèles. Pour eux, il est satisfaisant que le chef de l'Église catholique prenne en compte les avancées sociales récentes.
Arthur Blanquet