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Europe

Guerre en Ukraine: le Conseil de l'Europe alerte sur le risque de trafic de réfugiés

Une mère et sa fille au poste-frontière de Medyka (Pologne) où des milliers de réfugiés fuyant les combats en Ukraine affluent, le 12 mars 2022

Une mère et sa fille au poste-frontière de Medyka (Pologne) où des milliers de réfugiés fuyant les combats en Ukraine affluent, le 12 mars 2022 - Louisa GOULIAMAKI © 2019 AFP

L'institution souligne que parmi les enfants ayant fui sans leurs parents, "beaucoup d'entre eux sont actuellement introuvables".

Le Conseil de l'Europe, dont Moscou a été officiellement exclu mercredi, a alerté ce jeudi contre le risque pour les réfugiés ukrainiens fuyant l'invasion de leur pays par la Russie de tomber dans des réseaux de trafic d'êtres humains, exhortant ses Etats membres à les protéger "de toute urgence".

90% de femmes et d'enfants

Le Groupe d'experts sur la lutte contre la traite des êtres humains du Conseil (Greta) met en garde "contre le risque" qu'ils "soient victimes de traite des êtres humains et d'exploitation", alors que "le flux de réfugiés en Europe connaît sa plus importante augmentation depuis la Seconde Guerre Mondiale", indique dans un communiqué l'organisation de défense des droits de l'homme.

Depuis le début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, le 24 février, "environ trois millions de personnes ont été contraintes de fuir l'Ukraine, pour se réfugier dans les pays voisins puis à travers l'Europe", rappelle le Greta, selon lequel "90% d'entre eux seraient des femmes et des enfants".

En dépit du soutien "considérable" proposé par les Etats et la société civile en Europe, "le flux sans précédent de personnes pose d'importants problèmes logistiques à la fois pour les institutions publiques et pour les organisations humanitaires", souligne le communiqué.

Les risques pesant sur les enfants

Les "enfants fuyant l'Ukraine sans parents", notamment, seraient ciblés par des trafiquants, "et beaucoup d'entre eux sont actuellement introuvables", s'émeuvent les experts du Greta.

Mardi dernier, la commissaire aux Affaires intérieures de l'UE, Ylva Johansson, s'était déjà inquiétée du sort de ces enfants : "Dans ces situations, nous savons qu'il y a un risque très élevé pour les mineurs non accompagnés d'être victimes de criminels", avait-elle mis en garde au Parlement européen à Strasbourg (est de la France).

"Les personnes fuyant la guerre sont physiquement et psychologiquement affaiblies", "fortement susceptibles de devenir la proie des criminels", souligne la présidente du Greta, Helga Gayer.

"Des mesures urgentes doivent être prises pour renforcer la coordination aux frontières et dans les structures d'accueil", ajoute-t-elle, appelant les autorités des Etats concernés à "prendre des mesures pour empêcher les offres frauduleuses de transport, d'hébergement et de travail".

Le Greta insiste encore sur la "vulnérabilité" des personnes contraintes de fuir après "l'annexion illégale" en 2014 de la Crimée par la Russie et par le conflit au Donbass.

Leurs difficultés "sont aggravées par l'offensive militaire actuelle (russe), qui leur fait courir un risque encore plus important de revictimisation", s'inquiète le Greta.

J.F. avec AFP