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GB/élections: une claque spectaculaire pour les sondeurs aussi

Le Premier ministre britannique David Cameron s'adresse à la nation devant le 10 Downing Street, vendredi 8 mai 2015, après sa large victoire aux législatives.

Le Premier ministre britannique David Cameron s'adresse à la nation devant le 10 Downing Street, vendredi 8 mai 2015, après sa large victoire aux législatives. - Leon Neal - AFP

Aucun sondage n'avait anticipé la large victoire des conservateurs aux élections législatives britanniques de jeudi. Depuis des mois, les instituts pronostiquaient un résultat ultra serré sans vrai vainqueur.

Choc total à la découverte des sondages de sortie des urnes

Lorsque les premiers sondages de sortie des urnes, fiables pour le coup, sont tombés jeudi à 22 heures (23 heures heure de Paris), le choc fut total. 77 sièges d'avance pour les conservateurs: personne ne voulait vraiment y croire tant chez les vaincus, accrochés aux espoirs de la veille, que chez les vainqueurs, appelant à la prudence.

"Si ces estimations sont exactes, je suis prêt à manger mon chapeau en public", a souligné Paddy Ashdown, l'ancien patron des Lib-Dems, complètement sonné. Mais au fil de la soirée, les prédictions se sont confirmées, renforcées même: les conservateurs ont gagné largement, et les sondeurs ont perdu platement.

"Je suis perplexe", a réagi Peter Kellner, le président de YouGov qui, pour le tabloïd The Sun, avait encore sondé 6.000 personnes jeudi après leur vote pour trouver, là encore, les Tories et le Labour à égalité, 34% partout.

Moqués et critiqués

Pour les instituts, c'est le plus gros camouflet depuis l'incroyable fiasco de 1992 lorsqu'ils avaient donné le travailliste Neil Kinnock vainqueur alors que c'est le conservateur John Major qui l'avait emporté. Ils avaient redoré leur blason en 2010 en faisant preuve d'une précision remarquable pour prédire un gouvernement de coalition conservateurs/libéraux-démocrates.

Les voilà de retour à la case départ, livrés aux moqueries et aux critiques du pays. L'institut Populus a rapidement fait amende honorable: "Le résultat des élections nécessite une remise en question de tous les instituts de sondage. Nous allons revoir nos méthodes et demander au 'British Polling Council' de conduire un audit", a indiqué un responsable dans un communiqué.

Cette Commission des sondages a répondu dans l'après-midi par l'ouverture d'une enquête indépendante. "Les dernières enquêtes d'opinion avant le scrutin n'étaient clairement pas aussi précises que nous l'aurions aimé", a souligné l'instance.

Sursaut de l'électorat ? Problème de méthodologie ?

Une thèse possible est un sursaut de dernière minute de l'électorat conservateur, traditionnellement plus timide à livrer ses préférences. Dans le passé, les sondeurs ont souvent eu tendance à surestimer les travaillistes.

Les sondeurs semblent surtout avoir échoué à traduire les pourcentages d'intentions de vote dans le bon nombre de sièges, sachant que les législatives sont d'abord la somme des résultats de batailles individuelles dans 650 circonscriptions.

"La répartition des sièges n'est sans doute pas notre moment de gloire, mais on a fait du bon travail ailleurs", a estimé Michelle Harrison de l'institut TNS, évoquant un bilan "mitigé" pour les sondeurs. "Nous avons prédit les grandes tendances de la soirée: les nationalistes écossais qui ont dévoré le Labour tout cru en Ecosse, l'impact de cinq années de coalition sur les Lib-Dems", a-t-elle ajouté sur Skynews. Mais cela apparaissait vendredi comme une mince consolation face au sentiment d'un fiasco général.

la rédaction avec AFP