BFMTV

Espagne: soupçons de diplômes frauduleux pour 500 Italiens dans une université controversée

Illustration

Illustration - FREDERICK FLORIN / AFP

Jeudi, le tribunal de Madrid a entamé une enquête sur l'université espagnole Rey Juan Carlos soupçonnée d'avoir offert des diplômes à des centaines d'Italiens.

L'université publique espagnole Rey Juan Carlos, soupçonnée d'avoir "offert" des diplômes à des personnalités politiques, est soupçonnée d'avoir concédé des diplômes frauduleux à des centaines d'Italiens, a indiqué jeudi une source judiciaire.

Selon cette source, un tribunal de Madrid a entamé une enquête sur des diplômes en droit obtenus par quelque 500 Italiens dans cette université.

Inscription au barreau de Madrid

Ces titres auraient ensuite permis à certains d'entre eux de s'inscrire comme avocats au barreau de Madrid et peut-être dans d'autres villes espagnoles.

Selon le média en ligne eldiario.es, les diplômes auraient servi à valider des années d'études en Italie en évitant de devoir payer des masters onéreux.

Inscrits au barreau de Madrid, les Italiens pouvaient alors exercer dans toute l'Union européenne, y compris dans leur pays d'origine où le nombre d'avocats inscrits au barreau ne peut dépasser un certain nombre, explique eldiario.es.

Certains auraient réussi des examens à l'université Rey Juan Carlos alors qu'ils parlaient à peine espagnol, selon ce média.

Contacté, le barreau de Madrid a renvoyé la responsabilité de l'affaire à l'université et au secrétariat d'État à l'enseignement supérieur.

Multiples scandales politiques

L'enquête concerne l'Institut de droit public (IDP) de cette université, au coeur de multiples scandales politiques.

Plusieurs personnalités politiques y auraient obtenu des masters dans des conditions très avantageuses, en étant largement dispensées d'aller en cours et avec des notes parfois relevées a posteriori par l'administration.

Deux d'entre elles ont été forcées à la démission: la présidente conservatrice de la région de Madrid, Cristina Cifuentes, en avril, et la ministre socialiste de la Santé, Carmen Monton, en septembre.

L'affaire a également éclaboussé le chef de l'opposition de droite, Pablo Casado, lui aussi titulaire d'un master à l'IDP.

L'université a depuis dissous cet institut et la justice enquête sur de possibles malversations impliquant son ex-directeur, Enrique Alvarez Conde.

Selon la radio Cadena SER, le directeur aurait reçu depuis 2012 des virements non justifiés pour une valeur totale dépassant les 100.000 euros.

B.L. avec AFP