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Espagne: grande messe pour la "famille" en plein débat sur l'avortement

Procession de prêtres arrivant pour célébrer la messe en plein air à Madrid, ce dimanche 29 décembre.

Procession de prêtres arrivant pour célébrer la messe en plein air à Madrid, ce dimanche 29 décembre. - -

Des milliers de catholiques se sont réunis ce dimanche à Madrid pour une messe en plein air. Une messe de "défense des familles", en plein débat sur l'avortement dans le pays.

Des milliers de catholiques étaient rassemblés dimanche dans le centre de Madrid pour une grande messe en défense de la "famille". Un événement qui intervient quelques jours après la présentation d'un projet de loi supprimant quasiment le droit à l'avortement en Espagne.

Les fidèles sont arrivés dès le début de la matinée pour la messe organisée par l'archevêché de Madrid sous la devise: "la famille est un lieu privilégié pour l'annonce de l'évangile à toute les nations". Certains chantaient des cantiques de Noël, d'autres agitaient des drapeaux de leur région, voire de leur pays.

Sous le précédent gouvernement, dirigé par le socialiste José Luis Zapatero, cette messe annuelle rassemblait jusqu'à plusieurs centaines de milliers de personnes.

Un projet de loi limitant l'avortement

A l'époque, de nombreux fidèles dénonçaient les réformes phares du gouvernement socialiste, comme la législation du mariage homosexuel en 2005 et l'adoption en 2010 de la loi sur l'avortement qui l'autorise jusqu'à 14 semaines de grossesse et jusqu'à 22 semaines en cas de malformation du foetus.

Promesse de campagne en 2011 de Mariano Rajoy, l'actuel gouvernement conservateur a adopté le 20 décembre en Conseil des ministres un projet de loi qui n'autorise l'avortement que lorsqu'il y a un danger prouvé pour la vie ou la santé physique ou psychologique de la mère, ou en cas de viol ayant fait l'objet d'une plainte.

"Il faut aller plus loin"

Le texte a de fortes chances d'être adopté au Parlement où le Parti populaire au pouvoir a la majorité. Mais pour certains participants à la messe des "familles", ce n'est pas suffisant. "Cette nouvelle loi permet encore de pratiquer des avortements", affirmait un agent commercial venu de Murcie. "Il faut aller plus loin car il ne faut pas d'avortement du tout: c'est un crime", renchérissait une octogénaire venue en bus depuis Cordou.

M. T. avec AFP