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Centrale à charbon polonaise: menacés d'intoxication, les militants descendent de la cheminée

Les six militants de Greenpeace ont passé quelque 40 heures sur la cheminée de 180 mètres.

Les six militants de Greenpeace ont passé quelque 40 heures sur la cheminée de 180 mètres. - Handout / Greenpeace / AFP

Jeudi Greenpeace a annoncé que les six militants au sommet de la cheminée d'une centrale à charbon polonaise ont du descendre en raison de risques d'intoxication.

Les six militants de Greenpeace, qui ont passé quelque 40 heures sur la cheminée de 180 mètres d'une centrale à charbon polonaise pour protester contre le réchauffement climatique, ont du mettre fin à leur opération en raison de risques d'intoxication et ont été interpellés, a annoncé l'organisation écologiste jeudi.

"Le plus grand tueur du climat en Europe"

L'opération de Greenpeace s'est terminée mercredi en fin de soirée, à quatre jours de l'ouverture en Pologne, à Katowice, de la conférence mondiale de l'ONU sur le climat COP24.

L'équipe écologiste comprenant des citoyens polonais, allemands, hongrois et indonésien a décidé d'interrompre son opération lorsque ses appareils ont mis en évidence que les niveaux des oxydes d'azote et de soufre avaient atteint la cote d'alerte critique, a indiqué Greenpeace dans un communiqué daté de Belchatow, dans le centre de la Pologne, où se trouve la centrale.

Cette usine électrique "est le plus grand tueur du climat en Europe. Le fait que des gaz toxiques aient forcé les activistes à mettre fin à leur action ne fait que renforcer ce que nous disons: il n'y a pas d'avenir dans le charbon et les centrales telles que Belchatow doivent être fermées. Les Etats qui se rencontrent à la COP24 doivent maintenant réagir", a déclaré un des responsables de la campagne de Greenpeace, Pawel Szypulski, cité dans le communiqué.

Intrusion sur une propriété privée

Les six militants interpellés ont été conduits au commissariat de police de Belchatow, a indiqué une porte-parole de Greenpeace Pologne, Katarzyna Guzek, jointe par téléphone. "Ils seront tous interrogés, ce qui devrait prendre plusieurs heures", a-t-elle ajouté.

Les écologistes risquent d'être poursuivis pour intrusion sur une propriété privée.

En même temps, Greenpeace Pologne a annoncé avoir adressé une "plainte climatique" à PGE, l'un des principaux groupes énergétiques polonais et propriétaire de la centrale de Belchatow. Dans ce document, l'organisation somme l'entreprise de renoncer au charbon pour protéger le climat et menace de s'adresser à la justice si elle refuse de le faire. 

Au cours de la COP24, la communauté internationale doit finaliser l'accord de Paris pour atteindre l'objectif de limiter le réchauffement climatique à moins de 2°C, voire à 1,5°C par rapport au niveau de la Révolution industrielle. L'accord incite les pays à revoir à la hausse leurs engagements.

B.L. avec AFP