BFMTV

La pollution de l'air fait perdre près de 2 ans d’espérance de vie dans le monde

Pour garder la hausse du mercure en-deçà de 2°C, les Etats devront tripler d'ici 2030 le niveau global de leur engagement par rapport aux promesses faites lors de la COP21.

Pour garder la hausse du mercure en-deçà de 2°C, les Etats devront tripler d'ici 2030 le niveau global de leur engagement par rapport aux promesses faites lors de la COP21. - Money Sharma - AFP

C'est la pollution de l'air qui réduit le plus fortement l'espérance de vie de l'homme, devant le tabac, l'alcool, les drogues et même la guerre.

"La plus grande menace pour la santé humaine". Au niveau mondial, la pollution atmosphérique a réduit l'espérance de vie de 1,8 an en moyenne en 2016, d'après des travaux de l'Institut de politique énergétique de l'université de Chicago (EPIC) publiés cette semaine.

Il s'agit de "la plus grande menace pour la santé humaine", écrivent les chercheurs dans le titre de leur étude. La pollution atmosphérique se situe ainsi devant les dégâts causés par le tabac (1,6 an), l'alcool et les drogues (11 mois) et très loin des guerres et du terrorisme (22 jours).

Dix ans de longévité en moins à New Delhi

L'étude mesure les risques de mort prématurée à partir de l'espérance de vie qu'aurait une personne si elle n'était exposée qu'au niveau de particules fines recommandé par l'Organisation mondiale pour la santé: 10 microgrammes maximum en concentration annuelle, 25 sur 24 heures.

Découlant surtout de combustibles fossiles, la pollution aux particules fines est notablement élevée en Asie du Sud et de l'Est. En 2016, dans la capitale indienne New Delhi, peuplée de 20 millions d'habitants, une concentration annuelle de particules fines (PM2,5) de 113 microgrammes par mètre cube d'air a été enregistrée. Cette pollution entraîne une réduction moyenne d'espérance de vie de 10,2 ans. En 2016 en Chine, elle a coûté à un habitant de Pékin 5,7 ans de vie en moins. 

Si la pollution s'est aggravée en Inde ces dernières années, elle est en revanche dans une tendance baissière en Chine grâce à des politiques publiques volontaristes, note le rapport.

Maladies cardiovasculaires et cancers du poumon

Pour calculer la réduction d'espérance de vie, l'enquête américaine se fonde sur de précédentes études réalisées en Chine des effets nocifs de la pollution sur des personnes qui y sont fortement exposées au long cours.

D'un diamètre égal au trentième de celui d'un cheveu humain, les particules fines en suspension peuvent s'infiltrer dans le sang à travers les poumons. Une exposition à long terme aux PM 2,5 accentue les risques de maladies cardiovasculaires et de cancers des poumons.

Sa. V avec AFP