BFMTV

Belgique: la grève dans les prisons prive les détenus de drogue

Les visites ont été interdites après le déploiement des militaires comme dans la prison de Saint-Gilles à Bruxelles.

Les visites ont été interdites après le déploiement des militaires comme dans la prison de Saint-Gilles à Bruxelles. - Filip de Smet - Belga - AFP

Depuis plus de deux semaines, les agents pénitentiaires belges sont en grève pour protester contre la baisse du nombre de postes dans les prisons. Une situation qui s'enlise et qui crée d'importantes tensions dans les établissements.

Conséquence inattendue du mouvement de protestation des surveillants de prisons en Belgique. Alors que les visites sont interdites depuis le début du conflit social, les produits stupéfiants viendraient à manquer derrière les barreaux des établissements pénitenciers, rapporte des médias belges. De quoi attiser les tensions. "Il est vrai que l'alimentation au niveau drogue est coupée pour les détenus", commente au micro de RTL Mehdi Benali, délégué syndical belge.

Depuis un an, les surveillants de prison n'ont plus le droit de fouiller les détenus qui retournent en cellule après les visites. La quantité de drogue aurait alors doublé dans les prisons. Sauf que depuis plus de deux semaines, les gardiens protestent contre le manque de moyens. Une situation qui a forcé les autorités à réquisitionner l'armée pour "fournir un soutien humanitaire" aux détenus des prisons de Wallonie et de Bruxelles, touchées par le conflit.

Une situation "quasi insurrectionnelle"

Outre cette mesure, des privations de sortie et de visites ont été instaurées. Empêchant alors les détenus d'introduire de la drogue. "Un détenu, comme toute personne qui est en manque devient ingérable, parce qu’il n’y a pas moyen de le raisonner, il n’y a pas moyen de contenir sa force, concède Marc Peeters, délégué syndical. La gestion va devenir quasi impossible." D'autant qu'un tiers des prisonniers a été condamné pour usage de stupéfiant.

Bagarres, mobilier cassé, débuts d'incendie... Dans certaines prisons, "la situation est quasi insurrectionnelle", assure l'avocat Alexis Deswaef, président de la Ligue des droits de l'Homme, qui dénonce des "conditions de détention devenues totalement inhumaines". Ces derniers jours, des incidents ont éclaté dans plusieurs des 17 établissements paralysés par cette grève générale.

Le mouvement est très suivi et un protocole d'accord entre le ministre de la Justice Koen Geens et les syndicats a été massivement rejeté le week-end dernier. Depuis, les négociations sont dans l'impasse: Koen Geens a assuré qu'il avait "dépassé le cadre budgétaire fixé par le gouvernement" dans les concessions aux grévistes. "Il y un manque d'investissement au niveau de la structure, il y a un manque d'encadrement, et le gouvernement veut encore faire des économies!", déplore le bourgmestre de Forest, dont la ville est touchée par le mouvement. 

J.C. avec AFP