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Elections législatives en Grande-Bretagne: ce que pensent les candidats de la France

Le candidat conservateur, David Cameron, est un grand amateur de "French bashing".

Le candidat conservateur, David Cameron, est un grand amateur de "French bashing". - Ben Stansall - AFP

Les Britanniques sont appelés à élire leurs 650 députés. Un vote qui permettra de choisir le futur Premier ministre, alors que la question du maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne a été l'un des thèmes principal de campagne.

C'est ce jeudi que les électeurs sont appelés à voter pour renouveler leur Parlement et choisir celui qui logera pendant quatre ans au 10 Downing Street, la résidence du Premier ministre. Le choix devrait se faire entre le conservateur David Cameron, candidat à sa réélection, et le travailliste, Ed Miliband. 

La question de la sortie ou non du Royaume-Uni de l'Union européenne a cristallisé toutes les attentions. La victoire du parti nationaliste Ukip lors des dernières élections européennes n'est pas indifférente à cette situation.

Le "rêve français" fustigé

Et le "French bashing" reste un sport national chez nos voisins britanniques, principalement au parti conservateur. Fin mars, David Cameron se payait son principal adversaire Ed Miliband en raillant son "rêve français". Dans une tribune sobrement intitulé "Le Labour (le parti travailliste, NDLR) nous rendra aussi mauvais que la France", le Premier ministre britannique en poste critique le programme économique de son adversaire, coupable selon lui de s'inspirer de la politique du gouvernement français.

Dans ce texte, David Cameron écrit : 

"Si Miliband avait liberté de réaliser son rêve français, les retombées se feraient sentir via des pertes d'emplois catastrophiques, une baisse du niveau de vie, une dette à faire pleurer."

Et de conclure par un cinglant: "Le comté du Yorkshire a créé davantage d'emplois que la France toute entière." 

Ce n'est pas la première fois que David Cameron se prête à cet exercice de critiques vives. En janvier 2014, il assurait que la Grande-Bretagne allait renouer avec la croissance grâce à une politique économique qui tourne le dos aux "grandes erreurs ayant conduit à la grande récession : plus d'emprunts, plus de dépenses et plus de dette". Une critique à peine cachée du modèle économique français.

Soutien de François Hollande

Mais le travailliste Ed Miliband pourrait bien poser ses valises au 10 Downing Street, selon les derniers sondages qui le donnent favori. L'ancienne plume du Premier ministre du Labour, Gordon Brown, a puisé ses idées du côté de son aile gauche et promet une réduction des inégalités, le redressement des comptes publics ou une taxe sur les maisons de luxe, qui n'est pas sans rappeler la taxation à 75% des plus hauts revenus promis par François Hollande. 

D'ailleurs, en 2012, Ed Miliband avait apporté son soutien au candidat socialiste à l'élection présidentielle en France. A cette époque, le travailliste y voyait l'occasion pour lui de faire peser d'avantage sa ligne sociale-démocrate dans le jeu politique britannique.

Mais en Grande-Bretagne, s'inspirer du modèle français n'est pas souvent un bon pari, électoralement parlant. Résultat, Ed Miliband s'est bien gardé de dire du bien de la France et reste plutôt discret sur ce sujet. 
Justine Chevalier