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Etudiants disparus : des heurts avec la police au Mexique

Des débordements ont éclaté entre des policiers et des manifestants parfois armés, dans l'affaire des étudiants disparus au Mexique.

Des débordements ont éclaté entre des policiers et des manifestants parfois armés, dans l'affaire des étudiants disparus au Mexique. - Pedro Pardo - AFP

Onze policiers ont été blessés ce lundi dans le sud du Mexique lors d’une manifestation. Les participants protestaient contre la disparition de 43 étudiants qui auraient été assassinés.

La tension monte au Mexique depuis l’annonce du meurtre des 43 étudiants disparus. Le probable massacre des disparus provoque la colère de l’opinion publique dans tout le pays. Ce lundi, 300 manifestants dont des parents et proches de disparus participaient à une manifestation. Le cortège a tenté de se diriger vers l’aéroport d’Acapulco, dans le sud du pays, avant de se retrouver bloqué par la police fédérale.

Plusieurs manifestants, dont certains masqués, ont alors commencé à lancer des pierres contre les policiers. Dix de ces derniers ont été blessés par les jets de pierre, un autre par un cocktail molotov. Certains des manifestants étaient armés de bâtons et de machettes.

Les proches veulent des preuves

Les manifestants ne croient pas aux explications avancées par les autorités. Vendredi 7 novembre, le ministre mexicain de la Justice s’est exprimé au cours d'une conférence de presse, expliquant que des suspects avaient avoué avoir tué et brûlé les cadavres des 43 étudiants. Depuis le 26 septembre, ils étaient portés disparus à la suite d'une manifestation violemment réprimée par la police à Iguala, une ville du sud du Mexique.

Depuis leur disparition, plus de 70 personnes ont été arrêtées, des membres du cartel les Guerreros Unidos, dont leur chef, mais aussi des policiers corrompus. Trois de ces détenus, des membres suspectés d’appartenir au cartel de narcotrafiquants, ont avoué que les étudiants étaient morts. Les restes des corps auraient été dispersés dans une rivière.

La classe politique prise à partie

La nouvelle vague de manifestations fait partie de la campagne de protestation pour exiger la poursuite des recherches des 43 étudiants. Le président Enrique Peña Nieto actuellement en déplacement à Pekin pour le sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique a décidé d’écourter de quatre jours son voyage. Mais son absence à ce moment critique met les Mexicains en colère. Ce week-end dans les cortèges, les manifestants scandaient "dehors Peña" et "assassin".

Plus globalement, les manifestations dénoncent le manque d’action et la collusion des politiques vis-à-vis du crime organisé. D’ailleurs dans cette affaire, le maire d’Iguala et sa femme ont été arrêtés, soupçonnés d’avoir donné l’ordre d’enlever les étudiants.

C. B avec AFP