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États-Unis: une fusillade à El Paso fait 20 morts, un homme de 21 ans interpellé

La police a placé en garde à vue un homme blanc et enquête sur un possible motif "haineux." Un manifeste raciste, attribué au tireur, circule sur internet.

Ce samedi a El Paso, ville du Texas, un tireur a semé la mort dans un centre commercial où il a tué 20 personnes et blessé 26 autres venues faire leurs courses avant d'être interpellé, et placé en garde à vue par la police, qui soupçonne un crime à caractère raciste.

La fusillade est survenue aux abords d'un hypermarché Walmart prisé de la communauté hispanique et plusieurs blessés se trouvaient dans un état critique. 

La police a placé en garde à vue un homme blanc de 21 ans et enquête sur un possible motif "haineux", ce qui aux Etats-Unis désigne les attaques motivées par l'origine, la religion, ou encore l'orientation sexuelle des victimes.

De son côté, le président Donald Trump a réagi via les réseaux sociaux, où il déplorait une fusillade "tragique" et "un acte lâche". 

"Il n'y aura jamais de raisons ou excuses pour justifier le meurtre de personnes innocentes", a-t-il encore tweeté, en adressant ses "prières et pensées" à la population du Texas.

Manifeste raciste 

Un manifeste, attribué au tireur, circule sur internet. Ce texte dénonce notamment "une invasion hispanique du Texas" et fait référence à la tuerie commise par un suprémaciste blanc dans des mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande (51 morts, le 15 mars).

Ville frontalière de 680.000 habitants faisant face à la métropole mexicaine de Ciudad Juarez, El Paso compte une population à 80% hispanique, selon des statistiques de 2018.

Trois ressortissants mexicains ont été tués dans la fusillade qui a semé la panique dans la zone commerciale, et la consternation aux Etats-Unis.

"A terre"

D'après certains médias, le tireur s'appelle Patrick Crusius. Il est originaire d'Allen, près de Dallas, à neuf heures de voiture d'El Paso, et s'est rendu à la police après le massacre.

Sur une capture d'écran de caméra de surveillance, mise en ligne par la chaîne locale KTSM, on le voit entrer dans l'hypermarché armé d'un fusil, les oreilles couvertes d'un casque anti-bruit.

Le magasin venait de mettre en vente des fournitures scolaires avant la rentrée. Selon la police, entre 1.000 et 3.000 clients s'y pressaient pour faire leurs courses au moment du drame.

Vanessa Saenz, 37 ans, a expliqué sur Fox News avoir entendu "comme des feux d'artifices" alors qu'elle cherchait une place de parking.

"J'ai vu un homme avec un T-shirt noir et un pantalon de camouflage qui portait ce qui m'a semblé être un fusil. Il visait les gens et tirait directement sur eux. J'en ai vu trois ou quatre tomber à terre", a-t-elle raconté.

Don de sang

"Cette journée, qui aurait dû être normale pour des gens venus faire du shopping, s'est transformée en l'une des plus meurtrières de l'histoire du Texas", a regretté le gouverneur de cet immense Etat, Greg Abbott.

"Vingt innocents ont perdu la vie", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse, en appelant la population d'El Paso à "se réunir", toutes origines confondues, pour surmonter cette "catastrophe".

Sans attendre, les habitants de la ville ont répondu massivement à un appel à donner leur sang pour les blessés, âgés de 2 à 82 ans, selon les médias. Plusieurs veillées en mémoire des victimes devaient également se tenir dans la soirée. 

Hugo Septier avec AFP