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Etats-Unis: plus d'un million de personnes dans la rue contre les armes à feu

Plus d'un million de personnes, dont de nombreux jeunes, sont descendues ce samedi dans la rue dans plusieurs villes des Etats-Unis, pour une manifestation historique contre les armes à feu après la tuerie dans un lycée de Floride qui a fait 17 morts.

D'origine spontanée, cette initiative est devenue la plus grande manifestation contre les armes de l'histoire des Etats-Unis. "Vous les élus, représentez la population ou partez!", a lancé Cameron Kasky, un lycéen de 17 ans ayant survécu au massacre de Parkland de février dernier, à la marée humaine de quelque 800.000 personnes rassemblées samedi dans les avenues entre la Maison Blanche et le Capitole à Washington, selon les organisateurs cités par NBC.

À New York, ils étaient 175.000 dans les rues, selon le maire Bill de Blasio. Et plus de 800 marches se sont déroulées dans d'autres villes des Etats-Unis et dans le monde avec, partout, les jeunes comme force d'impulsion. "Plus jamais ça!" était le mot d'ordre fédérant ces adultes et adolescents, révoltés par la répétition des fusillades dans les écoles.

"Faisons primer les USA sur la NRA"

Ils ont crié leur frustration, alimentée par l'inaction des législateurs et des pouvoirs publics, réticents à agir contre la National Rifle Association (NRA), le puissant lobby des armes. "Faisons primer les USA sur la NRA", a lancé à Washington David Hogg, un lycéen devenu l'un des porte-voix du mouvement, en appelant à se mobiliser dans les urnes.

"Ces enfants ont raison. Ils disent en substance que la NRA paie ces Républicains", le parti du président Donald Trump qui contrôle actuellement le Congrès, accuse Jeff Turchin, un retraité de 68 ans venu de New-York manifester à Washington.

"March for Our Lives"

L'événement national, baptisé "March for Our Lives" ("Marchons pour nos vies"), est une réaction au massacre le 14 février de 17 personnes dans un lycée de Floride. Nikolas Cruz, un jeune de 19 ans, avait déchargé son fusil semi-automatique AR-15 sur des lycéens et des adultes du lycée Marjory Stoneman Douglas de la ville de Parkland, au nord de Miami, dont il avait été exclu pour "raisons disciplinaires".

La possibilité de détenir une arme à feu est considérée par des millions d'Américains comme un droit constitutionnel aussi fondamental que la liberté d'expression. Cependant, cette fois, la tuerie commise par un ancien élève perturbé psychologiquement dans la ville de Parkland a soudé des lycéens s'identifiant comme "survivants": depuis cinq semaines, ils sont omniprésents dans les médias.

"Notre génération veut du changement"

Mais l'exécutif et le législatif américains restent très peu disposés à bouger sur les armes. Donald Trump a répété vendredi sa volonté d'interdire les "bump stocks", des accessoires permettant de tirer en rafales, une mesure de portée très marginale. Son gouvernement refuse d'interdire les fusils d'assaut. "J'espère (que les jeunes) ont bien à l'esprit qu'ils s'inscrivent dans un mouvement social sur le long terme. Ils n'obtiendront pas justice dans un Congrès contrôlé par les républicains", a averti le sénateur démocrate Chris Murphy, interrogé par l'AFP.

À Parkland, en Floride, des milliers de personnes se sont réunies samedi dans un parc proche du lycée Marjory Stoneman Douglas, le lieu du drame. "Ces 17 personnes ne sont pas mortes pour rien", a affirmé Casey Sherman, 17 ans. "Nous voterons en 2020", a prévenu la lycéenne Lauren Tilley. "Notre génération veut du changement".

M.P avec AFP