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États-Unis: 24 ans de prison requis contre l'ex-directeur de campagne de Donald Trump

Paul Manafort en juin 2018

Paul Manafort en juin 2018 - BRENDAN SMIALOWSKI / AFP

Paul Manafort est accusé d'avoir menti aux enquêteurs qui travaillent sur les liens entre la Russie la campagne victorieuse de Trump.

Le procureur spécial chargé de l'enquête sur la campagne électorale de Donald Trump a requis vendredi jusqu'à 24 ans de prison contre l'ancien directeur de cette campagne, Paul Manafort, pour avoir menti aux enquêteurs. Dans un document transmis au tribunal compétent, l'équipe du procureur Robert Mueller a indiqué être d'accord avec l'évaluation du ministère de la Justice selon laquelle Paul Manafort devrait être condamné à une peine allant de "235 à 293 mois".

S'y ajoutent une amende allant de 50.000 à 24,4 millions de dollars, un suivi socio-judiciaire pendant jusqu'à cinq ans après sa sortie de prison, des dommages et intérêts de 24,8 millions de dollars, et la saisie de 4,4 millions de dollars. 

Déjà reconnu coupable de fraude bancaire en août

Deux jours auparavant, une juge fédérale avait entériné la position du bureau du procureur selon laquelle Paul Manafort, après avoir accepté de coopérer avec les enquêteurs pour atténuer sa peine, leur avait menti "intentionnellement" quant à ses contacts en 2016 et 2017 avec Konstantin Kilimnik, un ancien associé lié aux services de renseignement de Moscou.

La juge avait également statué sur d'autres mensonges de cet ancien conseiller, à propos de transactions financières et d'une partie de l'enquête de Robert Mueller qui reste confidentielle. Ce jugement a eu pour conséquence de ne plus lier le procureur spécial à l'accord qui plafonnait à dix ans la peine de prison encourue pour sa coopération avec lui et le FBI.

Paul Manafort, lobbyiste qui avait brièvement dirigé l'équipe de campagne de Donald Trump, a déjà été reconnu coupable en août de fraude bancaire et fiscale, pour son rôle auprès de partis politiques pro-russes en Ukraine entre 2004 et 2014. Il attend encore sa peine, qui pourrait être aggravée

Valentine Arama avec AFP