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Élections américaines: George Floyd et les violences policières s'invitent dans le débat Pence-Harris

Les deux colistiers des candidats à la Maison Blanche se sont vivement opposés l'un à l'autre sur la question de la réforme des techniques de maintien de l'ordre aux États-Unis.

À fleurets mouchetés, mais clairement opposés. Durant leur débat ce mercredi soir, Kamala Harris et Mike Pence ont exprimé leurs visions divergentes du maintien de l'ordre et des violences policières aux États-Unis. Les colistiers de Joe Biden et de Donald Trump dans la course à la Maison Blanche ont abordé le sujet de la mort de George Floyd durant son interpellation fin mai.

"Nous avons besoin de réformes du maintien de l'ordre en Amérique et de notre système pénal. C'est pourquoi Joe (Biden) et moi allons immédiatement interdire les techniques d'étranglement. George Floyd serait en vie aujourd'hui si nous avions fait cela", a développé la sénatrice démocrate de Californie.

Ce n'est pas la seule promesse qu'a défendue Kamala Harris. "Nous exigerons un registre national des policiers qui enfreignent la loi", a-t-elle affirmé. "Nous allons, dans le cadre d'une réforme de la justice pénale, nous débarrasser des prisons privées et des cautions payées en liquide. Nous dépénaliserons la marijuana."

"La justice passera"

Dans sa réponse, Mike Pence a rendu hommage à George Floyd et à Breonna Taylor, cette infirmière afro-américaine de 26 ans abattue chez elle en pleine nuit, le 13 mars dernier, par des policiers qui ripostaient lorsque son compagnon a fait usage de son arme à feu.

"J'ai confiance en notre système judiciaire. (...) Il n'y a aucune excuse pour justifier ce qui est arrivé à George Floyd, la justice passera. Mais il n'y a également aucune excuse pour justifier les émeutes et les pillages qui ont suivi", a rétorqué le vice-président américain.

Ainsi, Mike Pence et Kamala Harris sont restés dans leurs couloirs respectifs. Le républicain a défendu - à sa manière plus sobre - la rhétorique du "law & order" (la loi et l'ordre) si souvent déployée par son patron face aux affrontements entre manifestants et forces de l'ordre qui ont émaillé le printemps dans de nombreuses villes.

Quant à Kamala Harris, elle a pris fait et cause pour les victimes de violences policières, et promis une justice pénale moins répressive, conformément aux promesses de Joe Biden.

Jules Pecnard Journaliste BFMTV