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Donald Trump maintient que les éoliennes "tuent les aigles"

Donald Trump s'est rabrouer par un rapace, lors d'une séance photo pour Time.

Donald Trump s'est rabrouer par un rapace, lors d'une séance photo pour Time. - Capture d'écran

Donald Trump ne croit pas aux énergies renouvelables et ne perd jamais une occasion de le rappeler. Les "moulins à vent" sont régulièrement l'objet de ses railleries.

Le candidat républicain semble obsédé par les éoliennes, qu'il nomme "moulins à vent", et par "les aigles", symbole de l'Amérique. Pour être exact, le symbole du pays est un pygargue à tête blanche, improprement assimilé aux aigles et désigné comme un "aigle à tête chauve". Un animal avec lequel Donald Trump avait vécu quelques aventures lors d'une séance photo pour Time Magazine. Mais peu importe, la cible de Donald Trump, ce sont les énergies renouvelables. Pour celui qui conteste que l'homme ait quelque chose à voir avec le réchauffement climatique, tout argument est bon à prendre.

Dès 2012, il accusait les "moulins à vent", "désastre environnemental et esthétique", de "tuer les aigles à tête chauve". 

Le 26 mai 2016, comme le rappelle le site Politifact, Donald Trump s'inquiétait du sort des aigles, alors qu'il discourait de la politique énergétique des Etats-Unis. En Californie, "les moulins à vent tuent des centaines d'aigles".

Trump en guerre contre les "moulins à vent"

Rebelote mardi 25 octobre, lors du show radio l'éditorialiste marqué à droite Herman Cain, sur WSB radio. Le candidat y réitère ses propos sur les "moulins à vent qui tuent des aigles". L'Atlanta Journal Constitution a mis par écrit cette partie de l'entretien. 

"Regardez ces moulins à vent. La moitié sont foutus. Ils rouillent et pourrissent sur place. Vous savez, quand vous conduisez à Palm Springs, en Californie, ça ressemble à un Disneyland du pauvre. C'est la pire des choses que vous puissiez voir. Et ça tue tous les oiseaux. Je ne sais pas si vous le savez... des milliers d'oiseaux gisent au sol. Et l'aigle. Vous savez, dans certaines zones de Californie, ils (les éoliennes, Ndlr) ont tué tellement d'aigles. Vous allez en prison si vous tuez un aigle. Mais ces moulins à vent continuent d'en tuer par centaines."

Un goût manifeste pour l'exagération

Sur quoi Donald Trump se fonde-t-il pour dénoncer les éoliennes? Peut-être sur une étude de 2014 parue dans PLOS One et dont USA Today avait rendu compte. Il apparaît que le prétendant à la Maison Blanche n'a pas entièrement tort, mais sa manière de présenter la réalité est au minimum exagérée.

En réalité, l'estimation la plus haute pour les aigles royaux est d'une centaine d'individus tués par an. Les auteurs de l'étude rappellent que les oiseaux en général, y compris les rapaces, bénéficient bien plus qu'ils ne pâtissent des éoliennes sur le long terme. Par comparaison, d'autres causes de mortalité sont bien plus importantes. Les parcs éoliens tuent ainsi entre 214.000 à 368.000 oiseaux (toutes espèces confondues) contre 6,8 millions morts par collision avec les antennes radio ou télécoms, et 1,4 à 3,7 milliards chassés par les chats.

Et les aigles? La population des pygargues à tête blanche se porte bien mieux, par exemple, que celle des aigles royaux (golden eagle, en anglais). On estime leur nombre à 70.000 spécimens répartis entre l'Alsaka et la Colombie britannique. L'espèce un temps menacée se remplume petit à petit, aux dires des ornithologues.

David Namias