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Affaire Maddie: alors que l'enquête est relancée, une victime de viol demande à la police de réétudier son dossier

Le signalement de Maddie McCann a été donné dans de nombreux pays.

Le signalement de Maddie McCann a été donné dans de nombreux pays. - AFP

Treize ans après la disparition de la petite fille au Portugal, un Allemand, déjà condamné pour pédophilie et suspecté de meurtre, a été identifié, relançant ainsi l'enquête.

Sa disparition remonte à la nuit du 3 mai 2007. Madeleine McCann se trouvait alors dans sa chambre à Praia da Luz, une station balnéaire du sud du Portugal, où elle se trouvait en vacances avec sa famille à la veille de son quatrième anniversaire.

13 ans après, l'enquête est relancée après l'identification d'un homme suspecté de meurtre, un Allemand, déjà condamné pour pédophilie et actuellement incarcéré pour trafic de drogue dans son pays.

L'individu aurait vécu en Algarve, dans le sud du Portugal, entre 1995 et 2007. Il aurait travaillé occasionnellement dans la restauration. Selon la police allemande, des éléments suggèrent que le suspect gagnait également sa vie en "commettant des délits, notamment des cambriolages dans des complexes hôteliers et des appartements de vacances", ainsi que du trafic de drogue.

Ainsi, la police n'exclut pas que Christian B. soit entré par effraction dans l'appartement des McCann pour y commettre un vol et une fois sur place ait décidé d'enlever la petite fille.

Condamné en 2019 pour un viol commis en 2005

En 2019, l'homme avait été condamné à 7 ans de prison pour le viol en 2005 au Portugal, à Praia da Luz, d'une Américaine de 72 ans. Il est accusé de s'être introduit chez cette femme par effraction avant de l'attacher, la battre, la violer et de la forcer à lui remettre son argent.

C'est cette dernière affaire qui a fait réagir Hazel Behan, une Irlandaise qui avait travaillé à Praia da Rocha, une ville côtière située à une trentaine de minutes en voiture du lieu où la petite Maddie a été enlevée, relate le Guardian. Elle allait avoir 21 ans lorsque les faits se sont produits. Elle souhaite désormais que les enquêteurs réexaminent son dossier à l'aune de ce nouveau rebondissement.

"J'ai été sidérée lorsque j'ai lu comment il s'en était pris à une femme en 2005, les tactiques et méthodes qu'il a utilisées, les outils qu'il avait avec lui, comment il avait planifié son acte", a confié la jeune femme au quotidien britannique. "Pour être honnête, j'ai vomi. Cette expérience m'a renvoyée à ma propre expérience."

La jeune femme relève des similarités

Cette nuit de 2004, elle raconte qu'elle s'était couchée autour d'une heure du matin, et avait été réveillée par quelqu'un appelant son nom. "Je m'étais retournée et il y avait là un homme masqué qui se tenait debout, vêtu de collants ressemblant à un justaucorps, une machette de 12 pouces (trente centimètre, NDLR) à la main."

Elle dit avoir déclaré à la police que l'homme, bien que masqué, avait des sourcils blonds et des yeux bleus, et qu'il s'exprimait en anglais avec un accent allemand. Elle s'était également souvenue de marques au niveau de sa cuisse droite, "soit une marque des collants, une tâche de naissance ou un tatouage". Ce qui pourrait correspondre à la description faite de Christian B. dans les médias allemands, qui évoquent des tâches de naissance à cet endroit.

Le supplice de la jeune femme avait duré près de quatre ou cinq heures avant que son violeur ne prenne la fuite.

Soupçons de préméditation

Elle dit également qu'au cours des semaines précédent son viol, elle avait remarqué que quelqu'un était venu dans sa chambre. "Au début j'avais pensé que j'étais paranoïaque, mais des coupures de monnaie avaient disparu, des choses avaient été déplacées. Je sais à présent que mon agresseur avait pénétré dans ma chambre et m'avait traquée avant de s'en prendre à elle", explique-t-elle au Guardian.

"Je pense que si la police avait fait son travail d'enquête sur ce qui m'était arrivé, s'il s'agit bel et bien du même homme qui s'en est pris à l'Américaine et a enlevé Madeleine McCann, ils auraient pu empêcher l'agression et Madeleine serait à présent chez elle avec ses parents", estime aujourd'hui Hazel Behan.
Clarisse Martin