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Maddie: le suspect allemand soupçonné dans deux autres affaires de disparition d'enfant

La maison où Christian Brückner vivait en 2007.

La maison où Christian Brückner vivait en 2007. - CARLOS COSTA / AFP

L'homme, que la police allemande suspecte d'avoir enlevé la petite Maddie McCann en mai 2007 comme l'a annoncé mercredi dernier, est également cité dans deux autres dossiers similaires.

On ne sait pas encore si Christian Brückner, Allemand de 43 ans, est bien l'auteur de l'enlèvement de Maddie McCann, alors âgée d'environ 4 ans, le 3 mai 2007 à Praia Da Luz au Portugal, crime pour lequel la police allemande le soupçonne comme elle l'a révélé mercredi dernier. On sait en revanche que l'homme, qui a été condamné l'an passé pour le viol d'une Américaine de 72 ans en 2005 au Portugal, est un prédateur sexuel. Il purge actuellement une peine de sept ans de prison à Kiel. Et, tandis que la police allemande a déjà reçu 400 éléments à étudier après avoir lancé un appel à témoins à son sujet, il apparaît qu'elle examine déjà son rôle éventuel dans deux affaires non-élucidées d'enlèvement d'enfant. 

Inga, disparue en forêt en 2015

La plus récente succède de huit ans à la disparition de Maddie. Inga Gehricke, âgée de cinq ans à l'époque, a disparu le 2 mai 2015 dans une forêt de Saxe-Anhalt, région où le suspect possédait une maison, lors d'une balade en famille et alors qu'elle était partie chercher du bois pour un feu de camp, selon ce site d'informations belge. Si Christian Brückner a été cité dans cette affaire, l'Agence France Presse note qu'aucun élément n'a permis de le lier à l'affaire malgré la découverte de pornographie infantile à son domicile. 

La seconde affaire est de loin antérieure à ces deux cas. Andreas Hasee, dont le fils, René, a disparu le 21 juin 1996 à Aljezur au Portugal, à 40 kilomètres de Praia Da Luz, alors qu'il n'avait que six ans, a confié au Kölner Stadt-Anzeiger qu'un enquêteur de ses compatriotes l'avait appelé pour lui signifier que les investigations autour de son enfant étaient rouvertes. On lui a ainsi dit qu'il pouvait exister une "connexion" entre Christian Brückner et son drame. "Je n'ai pas été en contact avec la police pendant vingt ans", a-t-il remarqué, précisant que ses échanges avec les agents s'étaient taris quatre ans après la volatilisation de René.

Le drame de 1996

Selon un récit des faits publié dimanche par le Guardian, le 21 juin 1996, la mère de René, dont Andreas Hasee était déjà séparé, et son compagnon ont emmené le petit au restaurant dans leur lieu de villégiature portugais. Puis, le trio s'est promené sur la plage. René a piqué vers la mer, et les adultes l'ont perdu de vue. Andreas Hasee a expliqué qu'il avait longtemps cru que son fils s'était noyé, même si rien ne l'indiquait, pas même les conditions météorologiques. 

Christian Brückner s'affirme déjà comme une pomme de discorde entre policiers portugais et allemands, les seconds reprochant aux premiers d'avoir écarté fautivement la piste menant à leur concitoyen. Mais c'est surtout l'ambiance interne à la police allemande qui devient délétère. Le quotidien britannique montre ainsi que des enquêteurs de Braunschweig, commune du nord-ouest du pays où Christian Brückner a vécu, clament avoir transmis une note le concernant au Bureau fédéral d'enquêtes criminelles dès 2013, et désespèrent aujourd'hui de ne pas avoir été suivis. 

Robin Verner