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Des Américains à nouveau sur la Lune en 2024: la conquête spatiale relancée

Alors que depuis ce mercredi, l'être humain sait à quoi ressemble un trou noir, il doit se préparer à repartir à la conquête de l'espace. Les Etats-Unis comptent à nouveau envoyer des astronautes sur la Lune, la Russie et la Chine entendent les suivre. Des expéditions lunaires avec un objectif plus ambitieux encore, en creux: rapprocher l'Homme de Mars.

"Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie", confiait Blaise Pascal lorsqu'il tournait ses yeux vers le ciel. Visiblement, la frayeur est tombée chez ses congénères, et l'univers nous est de mieux en mieux connu. Mercredi, une intuition vieille de 200 ans a trouvé confirmation grâce à la combinaison de huit télescopes et à une collaboration inédite d'astronomes: l'être humain sait désormais à quoi ressemble un trou noir, photographie à l'appui. Par ailleurs, la découverte de l'espace sera sous peu relancée. 

Astronautes, cosmonautes et taïkonautes 

Il y a quelques jours, le vice-président des Etats-Unis, Mike Pence, a annoncé, lors d'une réunion du Conseil national spatial, que son pays enverrait à nouveau des astronautes sur la Lune en 2024, 55 ans après les 2h20 passées sur place par Neil Armstrong et Buzz Aldrin: "Il est temps de faire un nouveau pas de géant pour nous et d'établir une base permanente sur la Lune". Les Américains en sont déjà à tester des engins spatiaux inhabités. 

L'espace n'appartenant à personne, comme le stipule le traité conclu en 1967, les Russes et les Chinois aussi font des plans sur la Lune. Les premiers espèrent voir leur cosmonautes poser le pied sur l'astre en 2031, les seconds suivre leurs taïkonautes longer ces mêmes cratères en 2036. Plus modestement, une sonde israélienne balaie déjà Mer de la sérénité ou Océan des tempêtes ce jeudi. Une expédition robotique indienne est encore prévue plus tard dans l'année. Les machines européennes attendront 2025 pour alunir. 

Pas de hasard 

François Forget, directeur de recherches au CNRS, a justifié l'écart entre ces différentes feuilles de route devant nos caméras: "Pour les agences spatiales émergentes, les petits pays, l'idée c'est de mener des missions robotiques pour prouver qu'on peut faire de l'exploration. Pour les grandes agences, l'idée est d'ouvrir un nouveau chapitre, après avoir eu depuis très longtemps la station spatiale internationale." 

Les observateurs soulignent une dernière chose. Aller sur la Lune permet de répéter ses gammes scientifiques et logistiques avant de réaliser le saut dont rêve la communauté scientifique depuis qu'elle a commencé à cartographier le ciel: se poser sur Mars. Mais, si quatre jours et sept heures nous séparent de la Lune, 258 jours, au bas mot, éloignent l'être humain de l'astre rouge. Une distance qui interdit de laisser quoi que ce soit au hasard. 

Robin Verner