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Covid-19: en Afrique du Sud, une situation "hors de contrôle"

Un patient attend dans la zone réservée au cas possible de Covid-19, à l'hôpital de Pretoria, en Afrique du Sud, le 11 janvier 2021.

Un patient attend dans la zone réservée au cas possible de Covid-19, à l'hôpital de Pretoria, en Afrique du Sud, le 11 janvier 2021. - Phill Magakoe / AFP

Le pays est le plus touché par la pandémie sur le continent. Sur place, les soignants sont débordés et s'impatientent de recevoir enfin les vaccins promis par le gouvernement.

Un pays submergé. L'Afrique du Sud, pays d'où proviendrait l'une des nouvelles souches plus virales du coronavirus - le variant 501Y.V2 - subit de plein fouet une seconde vague de contaminations. Avec 37.105 morts et plus de 1,3 million de cas recensés par l'université John Hopkins, le pays est le plus touché par la pandémie sur le continent. Sur place, les soignants sont débordés et s'impatientent de recevoir enfin les vaccins promis par le gouvernement.

Confinement partiel et vente d’alcool interdite

Alors qu'en juillet dernier, le nombre de cas positifs déclarés s'établissait à environ 14.000 contaminations par jour, le bilan des nouvelles personnes contaminées depuis le début de l’année dépasse régulièrement les 20.000 cas. Le 13 janvier, 806 personnes sont mortes des suites d’une contamination, rapporte Le Courrier International.

Depuis décembre, un confinement partiel a pourtant été réinstauré de 21 à 6 heures du matin. Le masque est désormais obligatoire et la vente d’alcool a été interdite. Mais malgré ces mesures, et la fermeture des frontières, annoncée le 11 janvier, l’Afrique du Sud n’a pour l’instant pas réussi à calmer cette violente reprise épidémique.

"Les hôpitaux sont pleins à craquer, beaucoup de services sont convertis en unité Covid-19, c’est extrêmement difficile pour le personnel en première ligne", alerte le professeur Richard Lessells, spécialiste des maladies infectieuses dans les colonnes du Monde.

Une situation "hors de contrôle"

Un constat partagé par Nicolas Bertrand, correspondant de Johannesbourg qui affirmait au Journal télévisé de France 2 samedi que la nouvelle souche du coronavirus faisait "énormément de dégâts dans le pays". Ce dernier a recueilli le témoignage d’un porte-parole d’un syndicat de soignants expliquant que "la situation était hors de contrôle":

"Les patients sont soignés sur les parkings faute de place, d’autres patients décèdent dans les ambulances car il n’y a pas de lit pour les prendre en charge", ajoute le journaliste.

Face à une situation chaotique, le personnel hospitalier, qui a interdiction de parler aux journalistes, n’est pas suffisamment protégé. Sur les réseaux sociaux, une vidéo virale de soignants s'occupant de malades les pieds dans l’eau à la suite de violentes intempéries a fait le tour du pays, avant de disparaître d’internet.

"Ceux qui travaillent dans les unités Covid-19 sont protégés mais nous avons des patients atteints du virus dans d’autres services où le personnel ne possède pas l’équipement adapté", s’inquiète une soignante sous couvert d’anonymat dans les colonnes du Monde.

Les vaccins se font attendre

Première puissance industrielle du continent, le pays n'a pas encore reçu ses premiers vaccins. Après des semaines d'incertitude et de silence, le gouvernement a assuré que les premières doses arriveraient très vite, un million en janvier puis 500.000 en février.

Ils seront destinés en priorité aux 1,2 million de soignants, en première ligne. Le pays participe par ailleurs au dispositif Covax de l'Organisation mondiale de la santé pour un accès équitable aux vaccins et recevra des vaccins pour 10% de la population, entre avril et juin.

Vaccins en quantité suffisante, difficultés de stockage, chaîne du froid, sécurité contre le vol, traçage, infrastructure de transports… Le défi est immense pour l’Afrique du Sud.

"Ce sera la plus importante et la plus complexe opération logistique de l'histoire de notre pays", a reconnu lundi dernier le président Cyril Ramaphosa. "Plus vaste que notre programme de traitement du VIH", dans ce pays le plus touché au monde par le Sida.
Esther Paolini Journaliste BFMTV