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Cour suprême: Trump s'excuse "au nom de la nation" auprès de Kavanaugh

Brett Kavanaugh a prêté serment ce lundi à la Maison Blanche.

Brett Kavanaugh a prêté serment ce lundi à la Maison Blanche. - Jim Watson - AFP

Des excuses formulées après le tumulte de l'accusation d'abus sexuel à l'encontre du nouveau membre de la Cour suprême, Brett Kavanaugh.

Lors de la cérémonie d'investiture du juge Brett Kavanaugh ce lundi à la Cour suprême, Donald Trump a tenu à faire une annonce solennelle. "Au nom de (la) nation", il s'est excusé auprès de Brett Kavanaugh et de sa famille "pour la douleur et la souffrance terribles qu' (ils ont) été contraints d'endurer". Sa nomination a notamment été entachée par des accusations d'agression sexuelle à son encontre. A ce sujet, Donald Trump a une nouvelle fois jeté de l'huile sur le feu plus tôt dans la journée, en qualifiant ces accusations de "supercherie", d'allégations "fabriquées" pour empêcher sa confirmation.

Malgré la vague d'indignation autour de cette affaire, le Sénat a finalement confirmé la nomination du juge de 53 ans, samedi dernier. Lors de la cérémonie d'investiture à la Maison Blanche, ce dernier a promis de se montrer "impartial" au sein de la plus haute juridiction des Etats-Unis. "La Cour suprême est une institution judiciaire, ce n'est pas une institution partisane ou politique", a-t-il annoncé. "La Cour suprême est une équipe de neuf (juges). Et je jouerai toujours collectif dans cette équipe de neuf", a ajouté le magistrat conservateur, entraîneur à ses heures perdues d'une équipe féminine de basket-ball. 

Le magistrat avait déjà prêté serment devant la haute cour lors d'une cérémonie privée samedi soir, quelques heures après avoir obtenu de justesse le feu vert du Sénat.

Une majorité conservatrice à la Cour suprême 

L'arrivée de ce farouche défenseur des valeurs conservatrices place les juges progressistes en minorité - avec quatre juges sur neuf - au sein du temple du droit américain, qui veille à la constitutionnalité des lois et arbitre les sujets de société les plus épineux (peine de mort, mariage homosexuel, droit à l'avortement, défense de l'environnement...). Les démocrates se sont d'ailleurs vivement opposés à sa nomination à vie dès l'annonce, début juillet, du président Trump. Le président américain avait promis à sa base électorale de nommer des juges opposés à l'avortement et défenseurs du droit à porter des armes à feu. 

Malgré les efforts des démocrates, le juge semblait en bonne voie d'être confirmé quand, à la mi-septembre, une femme est sortie de l'ombre pour l'accuser d'une tentative de viol remontant à 1982, quand elle avait 15 ans et lui 17, ce qu'il a vigoureusement nié. Dans le contexte du mouvement #MeToo, qui a sensibilisé les Américains aux tourments vécus par les victimes d'abus sexuels, ces accusations ont menacé de faire dérailler sa nomination. Après avoir auditionné les deux parties et, à la suite à un complément d'enquête du FBI qui n'a pas fait apparaître d'éléments nouveaux, trois sénateurs indécis ont fait pencher la balance en faveur du juge. 

Avec 50 voix pour et 48 contre, le magistrat est le juge le plus mal confirmé de la Cour suprême depuis 1881. Sa confirmation a été accompagnée de manifestations, notamment de victimes d'agressions sexuelles.

Ambre Lepoivre avec AFP