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Côte d'Ivoire: des militaires manifestent dans plusieurs villes

Des tensions existent au sein de l'armée ivoirienne entre les anciens rebelles et les militaires de carrière.

Des tensions existent au sein de l'armée ivoirienne entre les anciens rebelles et les militaires de carrière. - Issouf Sanogo - AFP

Des militaires manifestent ce mardi dans les principales villes de Côte d'Ivoire. Les protestataires réclament de l'avancement et de meilleures soldes. 

Le ministre de la Défense ivoirien demande aux militaires de "regagner leurs postes". Paul Koffi, le ministre de la Défense s'est exprimé à la télévision publique après les manifestations de militaires dans plusieurs villes du pays ce mardi. Le mouvement a démarré à Bouaké ce mardi, où des barricades ont été posées par des dizaines de soldats. Malgré l'appel au calme du gouvernement, ce mardi après-midi des militaires non armés ont occupé les locaux de la télévision publique à Bouaké, après avoir chassé les employés. Une cinquantaine d'entre eux, en tenue, se tenaient entre la cour du bâtiment et la rue mais n'occupaient plus les locaux vers 17 heures, heure locale.

Les protestations se sont étendues à d'autres villes du pays. "La colère a gagné partout dans les casernes, notamment le camp d'Akouédo", le plus important d'Abidjan, la capitale économique ivoirienne, a expliqué un officier sous couvert d'anonymat. Quelques dizaines de sapeurs-pompiers et de militaires ont entravé le trafic aux abords du Plateau, le quartier administratif et d'affaires d'Abidjan.

Application de l'accord de 2007 

Les militaires réclament l'avancement de milliers d'entre eux, entériné lors de l'accord de paix de Ouagadougou signé en 2007. Cet accord visait à ramener la paix dans le pays et à le réunifier. Coupée en deux depuis 2002, la Côte d'Ivoire était divisée entre le sud tenu par les partisans du Président Laurent Gbagbo et le nord contrôlé par la rébellion dirigée par Guillaume Soro.

Les militaires de l'ancienne rébellion ont été intégrés dans l'armée régulière. Pendant la rébellion, leur salaire avait été suspendu, ils réclament aujourd'hui le versement de ces sommes.

De fortes tensions existent entre les anciens rebelles pro-Ouatara intégrés à l'armée et les militaires de carrière déjà présents sous Gbagbo. Ces derniers dénoncent l'attitude du général Bakayoko, le chef d'état-major des armées ivoiriennes, "encore dans la peau d'un chef rebelle". 

Des décisions pour calmer les militaires 

"Nous manifestons pour réclamer nos droits. Durant deux jours nous allons paralyser les principales villes de l'intérieur. Si nous n'avons pas gain de cause, le troisième jour nous allons nous attaquer aux institutions bancaires", a menacé un officier menacé à Abidjan. 

Le ministre de la Défense a annoncé dans l'après-midi une série de décisions afin de calmer le mécontentement dans les casernes. Il a notamment promis le versement des sommes des primes de guerre par moitié en novembre puis en décembre. Le paiement des frais de déplacements et une meilleure couverture de frais de santé ont été annoncés.

C. B avec AFP