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Laurent Gbagbo sera jugé pour crimes contre l'humanité

Laurent Gbagbo, ici le 19 février 2013 à La Haye, sera jugé pour crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale.

Laurent Gbagbo, ici le 19 février 2013 à La Haye, sera jugé pour crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale. - -

La Cour pénale internationale a décidé de juger l'ancien président ivoirien pour crimes contre l'humanité commis durant la crise post-électorale de 2010-2011.

Laurent Gbagbo n'échappera pas à la justice. La Cour pénale internationale a décidé jeudi de juger l'ancien président ivoirien pour crimes contre l'humanité.

"La chambre préliminaire de la CPI a confirmé, à la majorité, quatre charges de crimes contre l'humanité (...) à l'encontre de Laurent Gbagbo et l'a renvoyé en procès devant une chambre de première instance", a indiqué la Cour dans un communiqué. L'avocat de l'ex-chef de l'Etat, Me Emmanuel Altit, a dit se féliciter de cette décision, affirmant que son client "voulait un procès" afin que "la vérité soit dévoilée".

Le camp Gbagbo se dit en outre "en position de force juridique", l'un des trois juges qui a statué s'étant prononcé contre la tenue du procès en raison d'"éléments de preuve encore insuffisants", comme l'indique le site internet de la CPI.

Plus de 3.000 tués en cinq mois de violences

Le porte-parole du gouvernement ivoirien Bruno Koné a, lui, salué le fait que la Cour "se donne les moyens de dire la justice". "On espère que cela va permettre de ramener de la sérénité chez tout le monde", a-t-il observé.

Premier ex-chef d'Etat poursuivi par la CPI, Laurent Gbagbo, 69 ans, est accusé d'avoir fomenté une campagne de violences dans le but de conserver, en vain, le pouvoir à l'issue de la présidentielle de novembre 2010. Il assure en avoir été évincé en faveur de son rival Alassane Ouattara à la suite d'un complot mis sur pied par la France, ancienne puissance coloniale en Côte d'Ivoire. Plus de 3.000 personnes ont été tuées en cinq mois de violences.

"Conjointement avec les membres de son entourage immédiat", Laurent Gbagbo aurait "ordonné, sollicité, encouragé ou contribué de toute autre manière" à l'accomplissement de quatre crimes contre l'humanité, à savoir meurtres, viols, actes inhumains et persécutions.

Arrêté en avril 2011 par les forces pro-Ouattara appuyées par la France et l'ONU, Laurent Gbagbo avait été transféré à La Haye en novembre 2011.

A. K. avec AFP