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Coronavirus en Italie: le mystère du patient zéro, toujours introuvable

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Alors que les cas de personnes infectées par le Covid-19 se multiplient en Italie, le patient zéro, source de l'épidémie dans le pays, n'a pas été retrouvé, laissant craindre une expansion du nouveau coronavirus.

Arrêt du Carnaval de Venise, fermetures à Milan et deux semaines de quarantaine pour onze villes... Le Nord de l'Italie se prépare à vivre des jours d'angoisse et de restrictions après une soudaine et spectaculaire flambée des cas du Covid-19 en trois jours. La multiplication rapide des cas - passés de six à près de 150 dimanche - et les morts de quatre personnes ont conduit à ces mesures drastiques, alors que le patient zéro est toujours recherché.

Le patient zéro est la première personne d'une épidémie à avoir été contaminée par un agent pathogène - ici le nouveau coronavirus - et à avoir ensuite transmis la maladie. L'Italie recherche ainsi actuellement le malade qui a introduit le Covid-19 sur son sol, afin de remonter le fil de l'épidémie, et de comprendre la propagation de la maladie.

Un "patient 1" en Lombardie

Le patient 1 pour la Lombardie - c'est à dire la deuxième personne infectée par le nouveau coronavirus dans cette région - a été retrouvé. Il s'agit d'un homme de 38 ans appelé Mattia. Il est cadre de la multinationale anglo-néerlandaise Unilever qui a un site important près de Codogno, à Casalpusterlengo.

Les autorités ont d'abord cru que Mattia avait été infecté par un ami revenu en janvier de Chine. Mais cette hypothèse a été écartée, car "sur la base des tests effectués, il n'a pas développé les anticorps" du Covid-19, a expliqué le ministère de la Santé.

Le cas de Mattia a été rapidement suivi par des dizaines d'autres autour de la ville de Codogno, principal foyer d'infection où deux personnes sont mortes. Dans cette ville de 15.000 habitants, beaucoup travaillent aux alentours ou à Milan, à 60 km de là. Un blocus total est en cours d'installation sur le périmètre de Codogno.

Pas de "liens épidémiologiques clairs" 

L'autre zone de contamination italienne est Vo' Euganeo, près de Padoue (Vénétie). Les autorités ont soumis à des tests huit ressortissants chinois qui fréquentaient le même bar que le maçon décédé vendredi, mais ils se sont révélés négatifs. C'est dans cette ville que le premier cas mortel d'un retraité de 78 ans avait été enregistré. Un cordon sanitaire y sera établi par l'armée à partir de lundi.

Le président de Vénétie Luca Zaia s'est dit "préoccupé" que le patient zéro n'ait pas été trouvé, ce qui prouve pour lui que "le virus est bien plus omniprésent que ce qu'on pensait".

L'OMS reconnaît que "la hausse rapide des cas enregistrés en Italie depuis deux jours est inquiétante", selon un porte-parole. "Ce qui nous inquiète aussi c'est qu'on n'a pas pu identifier dans tous les cas des liens épidémiologiques clairs comme des voyages en Chine ou des contacts avec un cas confirmé".
Salomé Vincendon avec AFP