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Consultation sur l'indépendance de la Catalogne: plus d'1,1 million de votants à 13 heures

Les gens font la queue pour voter à Barcelone, dimanche 9 novembre 2014.

Les gens font la queue pour voter à Barcelone, dimanche 9 novembre 2014. - Lluis Gene - AFP

Un référendum symbolique a lieu dimanche en Catalogne sur l'indépendance de la région. Une consultation sans précédent qui n'a aucune valeur légale: Madrid refuse d'en reconnaître le résultat. Les bureaux devraient fermer à 20 heures.

Plus d'1,1 million de Catalans avaient voté dimanche à 13 heures dans une consultation symbolique sur l'indépendance, en dépit de l'interdiction de Madrid, a annoncé le gouvernement régional.

La vice-président de la Generalitat, Joana Ortega, a annoncé à la presse que 1.142.910 personnes avaient déposé leur bulletin dans les urnes entre l'ouverture des bureaux à 9 heures et 13 heures. Les bureaux devraient fermer à 20 heures.

Le scrutin se déroulant sans listes électorales prétablies, les autorités catalanes n'annoncent pas de taux de participation. Elles estiment à quelque 5,4 personnes le nombre de résidents de plus de 16 ans, espagnols et étrangers, invités à voter.

Vote symbolique

La Generalitat a maintenu cette consultation symbolique, bien que le tribunal constitutionnel ait ordonné sa suspension. C'est donc un vote alternatif organisé par l'exécutif avec des bénévoles, sans recensement ni commission électorale.

Le président de la région, le nationaliste conservateur Artur Mas a déclaré que son objectif était d'organiser à terme un referendum en bonne et due forme et définitif sur une sécession, sur le modèle de l'Ecosse et du Québec.

Le gouvernement de Madrid maintient que la Constitution ne le permet pas.

Un bras de fer avec Madrid

Selon les derniers sondages, la moitié des habitants de cette riche région côtière et de montagnes du nord-est de l'Espagne, dont la capitale rayonne en Europe et au-delà, souhaite l'indépendance. Ils sont 20% fermement opposés à l'indépendance et un tiers moins décidés, parfois favorables à davantage d'autonomie.

Cette journée du "9-N" (Neuf-Novembre) est surtout l'épilogue d'une longue série de querelles avec "Madrid", à nouveau très vives depuis 2010. Cette année-là le tribunal constitutionnel saisi par le Parti populaire (PP, droite) de Mariano Rajoy a amendé un "Statut" en vigueur en Catalogne depuis 2006 accordant d'importants transferts de compétences à la région ainsi que le statut de Nation. La décision a balayé une grande partie de ces acquis, alors même que le moral était au plus bas dans une Catalogne qui plongeait, comme ailleurs, dans la crise.

Dimanche soir, les indépendantistes mesureront leur force en fonction de la participation obtenue. Mais celle-ci ne sera validée par aucune instance neutre. Ils ont l'espoir qu'elle les placera malgré tout en position de force pour négocier un vrai référendum d'autodétermination, dès lundi.

A. K. et V.R. avec AFP