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Colonisation: Israël donne son feu vert à la construction de 500 logements à Jérusalem-Est

La mise en chantier du programme de 500 logements dans ce quartier de colonisation de Jérusalem-Est pourrait débutée dans six mois.

La mise en chantier du programme de 500 logements dans ce quartier de colonisation de Jérusalem-Est pourrait débutée dans six mois. - Ahmad Gharabli - AFP

Le ministère israélien de l'Intérieur a donné lundi son accord au programme de 500 logements dans un quartier de colonisation situé à Jérusalem-Est. Alors que la ville est frappée par un regain de tensions, l'Organisation de libération de la Palestine dénonce un "camouflet" pour la coalition internationale.

La tension est toujours aussi palpable entre Israël et la Palestine. En dépit des derniers événements qui se sont déroulés la semaine dernière à Jérusalem, Israël a donné son accord pour la construction de 500 logements dans le quartier de Ramat Shlomo, une zone de colonisation. Un projet qui avait pourtant provoqué une vive réprobation palestinienne et internationale.

Au lendemain de cette décision, l'Organisation pour la libération de la Palestine ( OLP), qui veut faire de Jérusalem-Est la capitale de son Etat, a qualifié de "camouflet" pour John Kerry, le secrétaire d'Etat américain, et plus largement pour la coalition internationale, le feu vert du ministère israélien de l'Intérieur à ce programme de logements.

Accélérer la préparation

Le projet initial, bloqué depuis 2006, portait au départ sur la construction de 660 logements. Avec un autre programme de 400 logements dans la colonie juive Har Homa, ce sont plus de 1.000 logements dont le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, avait demandé l'accélération de la préparation le 27 octobre dernier. La mise en chantier pourrait être prévue d'ici six mois à un an. 

"Israël est dans son droit absolu quand il construit dans les quartiers juifs, c'est un consensus, tous les gouvernements l'ont fait, et tous les Palestiniens ont compris que ces quartiers resteront sous contrôle israélien dans n'importe quel accord", avait répondu Netanyahu face aux critiques la semaine passée des Etats-Unis et de l'Union Européenne. Il avait alors invoqué les droit des Français à construire à Paris ou des Anglais à Londres.

Tensions grandissantes à Jérusalem

Le Premier ministre israélien avait pourtant rencontré le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, lundi, opposé à ce programme. "La communauté internationale doit se rendre compte que les communiqués ne stopperont pas les colonies israéliennes", dénonce Saëb Arakat, négociateur en chef palestinien en membre du comité exécutif de l'OLP. "La décision d'aller de l'avant à Ramat Shlomo est irresponsable. Elle prouve bien que Benjamin Netanyahu ne veut pas d'une solution à deux Etats (indépendants, israélien et palestinien, vivant côte à côte), mais d'un seul Etat colon", partage de son côté Hagit Ofran, une dirigeante de la Paix maintenant, ONG israélienne anti-colonisation.

Alors que la Suède a été le premier pays européen à reconnaître l'Etat de Palestine, l'OLP "pour sauver la solution à deux Etats" appelle "de manière urgente tous les pays à le reconnaître diplomatiquement sur les frontières d'avant 1967". Car même si l'armée israélienne a décidé lundi de rouvrir les points d'entrée avec Gaza, Jérusalem a connu un regain de violence la semaine dernière, obligeant Israël à fermer temporairement l'esplanade des Mosquées. 

J.C. avec AFP