BFMTV

Colombie: trois morts dans un attentat contre un poste de police

Un policier colombien - Image d'illustration

Un policier colombien - Image d'illustration - Rodrigo Arangua - AFP

Sur les réseaux sociaux, le président Ivan Duque a dénoncé un "lâche attentat terroriste."

Recrudescence de violences en Colombie où, ce vendredi soir, trois policiers ont été tués et sept autres blessés lors d'un attentat avec des bonbonnes de gaz contre un commissariat à Santander de Quilichao, dans le département agité du Cauca danssud-ouest du pays, a-t-on appris auprès de la municipalité.

"Il y a eu un attentat contre le poste de police avec des bonbonnes, qui a malheureusement fait trois morts et sept blessés", dont deux graves, a déclaré à l'AFP le secrétaire de la mairie, Jaime Asprilla.

Le fonctionnaire municipal a écarté que l'hypothèse que cette attaque, survenue vers 21h heure locale (02h GMT), ait un lien avec l'actuel mouvement de protestation contre le président Ivan Duque.

Il l'a attribuée aux groupes armés qui opèrent dans le Cauca, région stratégique du trafic de marijuana ainsi que de cocaïne, dont la Colombie est le premier producteur mondial.

"C'est un attentat de groupes organisés qui ont des moyens et qui sont liés au thème de la drogue", a-t-il déclaré.

L'ombre des Farc?

Le chef de l'Etat a condamné sur Twitter ce "lâche attentat terroriste", en ordonnant à "la force publique d'identifier les responsables" et en exprimant sa solidarité envers les "proches de ces héros".

Le ministre de la Défense, Carlos Holmes Trujillo, a pour sa part déclaré que l'explosion avait endommagé des habitations avoisinantes, où résident des civils.

Des dissidents de l'ex-guérilla Farc, qui ont rejeté l'accord de paix de 2016, ainsi que l'Armée de libération nationale (ELN), dernière rébellion du pays, et des gangs de narco-trafiquants se disputent le contrôle du Cauca, qui compte de vastes narco-plantations et d'où partent d'importantes cargaisons de drogue vers les Etats-Unis par l'océan Pacifique.

Cette région a été l'épicentre des assassinats récents de leaders communautaires indigènes et de défenseurs des droits.

Fin octobre et début novembre, 16 personnes y ont été tuées, la majorité indigènes, selon le Défenseur du peuple, entité publique de protection des droits.

Depuis le début de l'année, le bureau colombien de la Haute commissaire de l'ONU pour les droits humains a répertorié au moins 52 assassinats sur le territoire de l'ethnie Nasa, dans le nord du Cauca.

Le gouvernement a réagi à cette vague de violence en annonçant le déploiement d'une force d'élite de 2.500 militaires pour combattre les dissidents des Farc.

H.S. avec AFP