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CARTE. Variant anglais: quels sont les pays touchés par la mutation B117?

CARTE. "Variant britannique" du Covid-19 : une quarantaine de pays concernés par le variant B117

CARTE. "Variant britannique" du Covid-19 : une quarantaine de pays concernés par le variant B117 - BFMTV

La liste des pays détectant le variant britannique du Covid-19 s'allonge de jour en jour. BFMTV fait le point sur la diffusion du variant B.1.1.7, aussi appelé VOC 202012/01.

Détecté en novembre 2020 au Royaume-Uni, le variant B.1.1.7, trouve "probablement" son origine dans le sud-est de l'Angleterre en septembre, selon l'Imperial College de Londres. Mais il s'est depuis propagé bien au delà de la péninsule britannique.

Si la plupart de ces cas sont liés au Royaume-Uni (citoyen britannique de passage dans un pays, retour de voyage depuis la Grande Bretagne...) certains n'ont en revanche aucun lien avec ce pays, ce qui prouve que le variant s'est déjà implanté localement.

En France, déjà dans plusieurs départements

Rien qu'en France, on compte déjà au moins six "clusters" différents. Le plus important se trouve à Marseille, avec huit contaminations au variant B117 au sein d'une même famille. Des cas isolés ont également été identifiés dans les Hauts-de-Seine, dans le Loiret, en Eure-et-Loire ou encore dans les Hautes-Alpes. Deux personnes travaillant dans le domaine médical à Lille ont également été contaminées à la fin du mois de décembre 2020.

Le variant appelé officiellement VOC 202012/01 s'est très probablement répandu au delà de ces clusters car certaines des personnes contaminées n'ont pas voyagé outre-Manche et n'ont pas été en contact avec des personnes rentrant du Royaume-Uni ces dernières semaines. Ce qui sous-entend que le virus circulait déjà au préalable dans l'Hexagone. Une étude a été lancée sur les cas testés positifs jeudi et vendredi pour rechercher la présence du variant. Les résultats sont attendus "en milieu de semaine" selon le professeur Arnaud Fontanet, interrogé ce lundi sur BFMTV.

Au moins une quarantaine de pays concernés

En attendant des chiffres plus précis, on peut déjà se baser sur les déclarations des autorités sanitaires nationales et les articles de presse locaux pour avoir une idée de la circulation du "variant britannique". Voici au 11 janvier un état des lieux de sa diffusion à l'international. Etant donné la difficulté à tracer le VOC 202012/01, la carte ci-dessous n'est probablement pas exhaustive et devra régulièrement être mise à jour. Selon la plupart des experts, le nombre réels de cas liés au B117 est sous-estimé.

Plusieurs études scientifiques, pas encore évaluées par les pairs et se basant principalement sur des modélisations, concluent que le variant britannique est largement plus transmissible que le Covid-19 "original". Cela confirmerait les évaluations initiales du groupe de chercheurs NERVTAG, conseillant le gouvernement britannique, qui estimait que la transmission est accrue de 50 à 70%.

Plus contagieux, donc beaucoup plus dangereux

Selon les calculs de la London School of Hygiene and Tropical Medicine (LSHTM), le variant britannique serait 50 à 74% plus contagieux. D'autres chercheurs, de l'Imperial College de Londres, en sont arrivés plus ou moins aux mêmes conclusions, assurant que le B117 était "50 à 75% plus contagieux".

Malgré ces études, les experts soulignent qu'on ne peut encore pas dire avec certitude que ce variant soit nettement plus contagieux. Même si elle semble vraisemblable, cette hypothèse n'est pour l'instant basée que sur des observations épidémiologiques, dont l'explosion de l'épidémie en Angleterre. Le variant pourrait en effet être moins contagieux, replacé dans d'autres contextes et d'autres pays.

Un constat semble néanmoins partagé au sein de la communauté scientifique: ce variant n'est, en soi, pas plus dangereux que le virus classique. C'est en fait sa forte contagiosité qui, mathématiquement, augmenterait le nombre de cas graves. Un variant du Sars-CoV-2 "50% plus transmissible poserait un bien plus grand problème qu'un variant 50% plus mortel" rappelle sur Twitter l'épidémiologiste britannique Adam Kucharski.

Les vaccins seront-ils efficaces contre ce variant ?

Selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), "il n'y a à ce stade pas assez d'informations disponibles pour estimer (si le variant britannique fait peser) un risque sur l'efficacité des vaccins". Les Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) estiment eux que, "en l'état actuel de nos connaissances, les experts pensent que les vaccins actuels seront efficaces contre ces souches".

Un point de vue partagé par laboratoires BioNTech et Pfizer qui ont assuré que leur vaccin était efficace contre la mutation N501Y du variant britannique. Même si l'étude sur laquelle ils s'appuient ne porte pas sur l'ensemble des mutations présentes sur ces variants et ne suffit donc pas à conclure que l'efficacité du vaccin sera la même que contre le virus classique.

Louis Tanca, avec AFP