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Thaïlande: les paysans acceptent l'inondation de leurs champs liée aux pompages dans la grotte

L'eau de la grotte est pompée afin de faciliter l'accès des secours

L'eau de la grotte est pompée afin de faciliter l'accès des secours - YE AUNG THU / AFP

Les paysans locaux acceptent avec résilience l'inondation de leurs champs par les secours qui pompent l'eau de la grotte où sont coincés douze enfants et leur entraîneur de football en Thaïlande.

Afin de faciliter les opérations de sauvetage de l'équipe de football coincée depuis plus de dix jours avec leur entraîneur en Thaïlande, les équipes de secours pompent l'eau de la grotte où ils sont piégés. Avec pour conséquence la destruction des récoltes des paysans locaux.

Pour l'heure, les secours devraient traverser une large portion inondée, difficile à parcourir. D'où l'attente des autorités et l'espoir placé dans le pompage, pour lequel des ingénieurs japonais sont venus à la rescousse.

"Il y a tellement d'eau... C'est impossible à calculer" avec précision, explique l'un d'eux, Shigeki Miyake, de l'Agence japonaise de coopération internationale.

Malgré les dommages subis, les paysans acceptent ces conséquences, faisant preuve d'une grande résilience face à ces événements. Lek Lapdaugpoin, agriculteur dont les terres sont situées en contrebas de la grotte de Tham Luang, explique ainsi que "les villageois sont heureux de se sacrifier et de laisser l'eau aller dans les champs. C'est pour les enfants".

D'importants dommages matériels

L'eau est déversée en contrebas, par un réseau de grosses canalisations de couleur vive reliées à plusieurs pompes puissantes. Alors que le gouvernement a évoqué un large plan d'indemnisation des agriculteurs victimes des inondations, "nous avons dit que nous n'en voulions pas" assure le villageois.

"Nous avons réduit nos cultures et laissé les rizières être inondées. Là où nous nous tenons, l'eau a presque traversé la route" ajoute Lek. Au-delà des cultures, les fermiers déplorent aussi la perte de leurs animaux, "surtout des grenouilles, des poissons et des canards" malmenés par la force des flots déversés. "Nous avons perdu plus de 10.000 baht", soit près de 260 euros, explique cet agriculteur modeste.

Au total, 19 pompes ont été installées, pompant un volume impressionnant d'eau, faisant baisser le niveau d'un centimètre par heure dans cette gigantesque grotte, longue de dix kilomètres.

L'équivalent de 50 piscines olympiques

Les autorités estiment que près de 130 millions de litres d'eau ont été pompés hors du réseau souterrain, l'un des plus grands de Thaïlande. Cela représente le contenu de 50 piscines olympiques. 

Bill Whitehouse, vice-président du Conseil britannique de secours en spéléologie, a déclaré à la BBC que "Pomper une mousson n'est pas chose aisée". S'ajoute à cela le fait que la zone est reculée, perdue dans une forêt tropicale aux confins de la Thaïlande et de la Birmanie.

Les autorités mettent en garde

Tout en saluant le stoïcisme des agriculteurs de la région, les autorités rappellent la nécessité de laisser les opérations de sauvetage se poursuivre. Elles visent ainsi ceux qui tenteraient de s'improviser sauveteurs.

Le chef de la cellule de crise, Narongsak Osotthanakorn, s'en est pris jeudi à l'initiative de sauveteurs non enregistrés auprès de la cellule de crise qui ont accidentellement reversé de l'eau dans la grotte, ralentissant le travail des secours.

L.D., avec AFP