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Sotchi: un militant écolo condamné à 3 ans de camp

Le symbole des Jeux Olympiques devant l'aéroport de Sotchi, Russie, la ville hôte de la compétition.

Le symbole des Jeux Olympiques devant l'aéroport de Sotchi, Russie, la ville hôte de la compétition. - -

Evgueni Vitichko a été condamné par la justice russe pour avoir percé une ouverture dans une clôture installée dans une zone protégée.

La justice russe a confirmé mercredi en appel la condamnation à trois ans de camp d'un militant écologiste qui dénonçait l'impact sur l'environnement des travaux de préparation des jeux Olympiques d'hiver de Sotchi, qui battent actuellement leur plein.

Le tribunal régional de Krasnodar a rejeté l'appel d'Evgueni Vitichko, géologue et membre d'une association régionale de défense de l'environnement du Caucase du Nord (EWNC).

Le militant avait été condamné en 2012, avec un autre de ses compagnons de lutte, Suren Gazarian, à une peine de trois ans avec sursis pour avoir percé une ouverture dans une clôture installée dans une zone protégée.

De la peinture sur une clôture

Sur la clôture, les militants écologistes avaient aussi inscrit à la bombe de peinture "C'est notre forêt" et "Sania est un voleur", utilisant le diminutif du prénom du gouverneur. Suren Gazarian a fui la Russie et réside désormais en Estonie.

Evgueni Vitichko, lui, a comparu mercredi par liaison vidéo à partir de la prison de Touapse, une ville voisine de Sotchi où il est maintenu en détention. Une quinzaine de militants étaient dans la salle du tribunal de Krasnodar, pour lui apporter leur soutien.

"Je n'ai rien fait d'illégal", a-t-il déclaré. Il a admis ne pas s'être présenté, par inadvertance, à deux reprises - sur six au total - aux autorités pénitentiaires, mais a rejeté l'accusation d'avoir systématiquement violé les règles qui lui étaient imposées.

Six militants placés en détention

"L'affaire Vitichko est depuis le départ fondée sur des mobiles politiques", a dénoncé Ioulia Gorbounova, de l'ONG Human Rights Watch, citée dans un communiqué.

"Quand les autorités ont continué à le harceler, il est devenu clair qu'elles essayaient de réduire au silence et de punir certaines personnes critiquant avec persistance les préparatifs des Jeux olympiques", a-t-elle ajouté.

Au moins six militants d'EWNC ont été placés en détention, jusqu'à quinze jours pour certains, depuis novembre.

A. D. avec AFP