BFMTV

Etre une parfaite épouse: quand les cliniques russes distribuent un manuel inspiré du XVIe siècle

Une femme doit obéissance à son mari qui est le "patron" du foyer.

Une femme doit obéissance à son mari qui est le "patron" du foyer. - Yuri Kadobnov - AFP

Une maternité de Moscou distribue aux futures ou jeunes mamans un livret visant à "l'amélioration des relations familiales". Ce guide de la "parfaite épouse" recommande notamment aux femmes d'obéir aux volontés de leur mari.

L'égalité hommes-femmes, très peu pour cette clinique russe. Les futures ou les jeunes mamans qui accouchent dans cette maternité de Moscou reçoivent un guide visant à "l'amélioration des relations familiales". Dans ce manuel, il n'est pas question de dialogue ou de compromis, non la femme doit respect et obéissance à son mari qui est "le patron" du foyer, comme le rapporte The Moscow Times

"Chaque mari souhaite être le responsable de la famille car c'est son but donné par Dieu", peut-on lire dans ce livret distribué en même temps qu'un carnet médical dans lequel sont mentionnées les données médicales mais aussi les recommandations pour mener à bien sa grossesse.

Le mari comparé au président d'un pays

Selon les auteurs du guide, l'épouse doit obéir à son mari car elle est guidée par sa "nature émotionnelle", inversement à son mari considéré comme "rationnel". "Le mari est le responsable de la famille, et, par conséquent, il est aussi le professeur", indique-t-on dans ce guide, expliquant qu'"un homme ne doit pas être contrôlé par sa femme car le responsable de la famille ne peut pas être surveiller".

"Essayez de prendre le contrôle du président d'un pays, conseille le manuel. Pourrait-il alors faire beaucoup pour son pays."

Dans la section "conseil pour des relations familiales fortifiées", le guide recommande aux femmes de ne "pas éveiller la bête qui est en l'homme". Car "une femme gentille, travailleuse et silencieuse est un joyau pour son mari", comme l'explique le manuel fortement inspiré d'un texte datant du XVIe siècle sur l'obéissance.

Censé être présent dans tous les hôpitaux de Moscou, le livret aurait pour autant été distribué dans aucune clinique. Seule une amie enceinte d'un journaliste russe aurait pu le feuilleter sur place. Toutefois, cette nouvelle a suscité une vague d'indignation, les opposants parlant d'un texte "insultant", "un testament digne de l'époque médiévale".
J.C.