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Rohingyas: pour l'ONU le "génocide est toujours en cours" en Birmanie

Marzuki Darusman, président de la Mission d'établissement des faits de l'ONU sur la Birmanie.

Marzuki Darusman, président de la Mission d'établissement des faits de l'ONU sur la Birmanie. - Fabrice COFFRINI / AFP

Mercredi, un enquêteur de l'ONU a affirmé que le "génocide" des Rohingyas en Birmanie est encore en cours.

Le "génocide" des Rohingyas en Birmanie continue, a affirmé mercredi un enquêteur onusien, avant de présenter un rapport sur cette crise au Conseil de sécurité lors d'une réunion voulue par les Occidentaux contre l'avis de la Chine et de la Russie.

"Toujours en cours"

"C'est un génocide qui est toujours en cours", a déclaré Marzuki Darusman, président de la Mission d'établissement des faits de l'ONU sur la Birmanie.

Il a précisé lors d'une conférence de presse qu'à l'exception des tueries, toutes les autres caractéristiques de ce crime de masse (ostraciser et discriminer une population, empêcher des naissances, enfermer une population dans des camps...) étaient toujours bien présentes.

Contre la minorité musulmane Rohingya, "l'intention génocidaire (...) peut être raisonnablement déduite", a-t-il insisté par la suite devant le Conseil de sécurité, sans réaffirmer lors de la présentation du rapport de sa Mission que le génocide se poursuivait.

10.000 Rohingyas tués

Rendu public en septembre, ce document de 444 pages d'une équipe non autorisée à se rendre sur place mais qui a recueilli de nombreux témoignages d'exilés Rohingyas a dénoncé un "génocide" et appelé à poursuivre devant la justice internationale six généraux birmans. Parmi eux, figure le commandant des forces armées birmanes, Min Aung Hlaing.

Quelque 390 villages détruits, 10.000 Rohingyas tués, plus de 720.000 Rohingyas ayant fui l'Etat Rakhine vers le Bangladesh à partir de l'été 2017, a énuméré devant le Conseil de sécurité Marzuki Darusman. Selon lui, "les conditions de retour des Rohingyas ne sont pas réunies". S'il était réalisé maintenant, ce serait les condamner à d'autres assassinats, a-t-il mis en garde.

Comme il l'avait fait la veille lors de la présentation du même rapport devant l'Assemblée générale de l'ONU, l'enquêteur a appelé le Conseil de sécurité à saisir la Cour pénale internationale ou à créer un tribunal ad hoc, et à imposer des sanctions ciblées et un embargo sur les armes.

B.L. avec AFP