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Pakistan: un projet de loi religieux pour autoriser les hommes à "battre légèrement" leurs femmes

Le 5 mai 2016, à Abbottabad, la police pakistanaise escorte des individus suspectés d'avoir tué et brûlé une femme ayant aidé son amie à s'enfuir avec son amant, pour se marier. (Photo d'illustration)

Le 5 mai 2016, à Abbottabad, la police pakistanaise escorte des individus suspectés d'avoir tué et brûlé une femme ayant aidé son amie à s'enfuir avec son amant, pour se marier. (Photo d'illustration) - SHAKEEL AHMED / AFP

Des médias et des internautes pakistanais ont jeté l'opprobre ce vendredi sur une proposition de responsables religieux voulant accorder aux hommes le droit de "battre légèrement" leurs épouses si elles refusent, par exemple, de consentir à une relation sexuelle sans justification religieuse.

Le Conseil de l'Idéologie islamique (CII) a rendu public cette semaine son projet de loi controversé, permettant à un homme de "battre légèrement" sa femme, notamment si elle refuse une relation sexuelle sans justification religieuse. Cette proposition intervient en réponse à une législation progressiste adoptée en février dans la province du Pendjab, la plus peuplée du Pakistan, accordant plus de droits et de protection aux femmes y résidant.

Subir l'autorité de son mari ou être "légèrement" battue 

Dans le projet de loi, dont des extraits ont été cités par les médias locaux, on peut lire qu’"un homme devrait être autorisé à battre légèrement sa femme si elle refuse ses ordres et refuse de s'habiller tel qu'il le souhaite, décline des demandes de relations sexuelles sans justification religieuse, ou ne prend pas de bain après un rapport sexuel ou lorsqu'elle a ses règles".

Cette proposition a été accueillie par une vague de moqueries dans les médias et sur internet ce vendredi.

Loi sur le blasphème prévoyant la mort

Le premier journal en langue anglaise du pays, le Dawn, a publié un article satirique avec une liste de choses que les gens devraient battre à la place des femmes: notamment les oeufs, le dos des bouteilles de ketchup et le tube de Michael Jackson Beat It.

Cet article est un rare exemple de grands médias se moquant de ceux qui affirment parler au nom de la religion au Pakistan, géant musulman de près de 200 millions d'habitants où les atteintes à l'égard du prophète Mahomet sont passibles de la peine de mort selon une loi controversée sur le blasphème.

A.M avec AFP