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Pakistan: Musharraf, inculpé de "haute trahison", échappe à un attentat

Pervez Musharraf, le 20 avril 2013.

Pervez Musharraf, le 20 avril 2013. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Une bombe cachée sous un pont a explosé une vingtaine de minutes avant le passage de son convoi.

L'ex-président pakistanais Pervez Musharraf, inculpé de "haute trahison" cette semaine par un tribunal spécial, a échappé tôt jeudi à l'explosion d'une bombe au passage de son convoi à Islamabad, a annoncé la police.

"Une bombe de quatre kilogrammes cachée dans une canalisation, sous un pont, a explosé une vingtaine de minutes avant le passage prévu du convoi de l'ex-président", a déclaré à l'AFP Liaqat Niazi, un haut responsable de la police d'Islamabad.

L'incident s'est produit vers 2 heures (23 heures mercredi à Paris) alors que l'ex-dirigeant militaire venait à peine de quitter un hôpital militaire de Rawalpindi, où il a passé les trois derniers mois sous observation pour des problèmes coronariens, pour se rendre dans sa villa cossue de Chak Shahzad, dans la banlieue de la capitale.

"Personne n'a été blessée dans cette explosion", a confirmé à l'AFP le porte-parole de la police de la capitale, Muhammad Naeem, précisant que l'ancien président était la cible présumée de cette attaque.

Dans le collimateur de la justice

Tout de suite après l'explosion, les autorités ont dévié le parcours du convoi de Pervez Musharraf, inculpé lundi pour "haute trahison", un crime passible de la peine de mort au Pakistan.

La justice pakistanaise soutient que le général Musharraf, allié des Etats-Unis au pouvoir de 1999 à 2008, a "trahi" la nation lorsqu'il a imposé l'état d'urgence, suspendu la Constitution et limogé des juges en 2007.

Pervez Musharraf, 70 ans, qui a plaidé non coupable à ces accusations, se dit victime d'une vendetta lancée par ses rivaux politiques, notamment le Premier ministre Nawaz Sharif, qui a formé fin novembre ce tribunal d'exception.

Le clan Musharraf a tenté encore au cours des derniers jours de convaincre le pouvoir politique et la justice d'autoriser le départ à l'étranger de l'ex-dirigeant militaire.

Outre cette affaire de trahison, Pervez Musharraf est dans le collimateur de la justice pour son rôle présumé dans les meurtres de son ex-rivale Benazir Bhutto, du chef rebelle baloutche Akbar Bugti, et de l'assaut meurtrier de l'armée contre des islamistes retranchés dans la mosquée Rouge d'Islamabad.

V.R. avec AFP